Un Italien jouera la finale de Roland-Garros : Cobolli s’invite en demi-finales en faisant tomber Auger-Aliassime
L’Italien (n°10), 24 ans, a battu Félix Auger-Aliassime (n°4) 4-6, 6-4, 6-4, 6-4 sur le court Philippe-Chatrier — se qualifiant pour sa première demi-finale en Grand Chelem et s’offrant sa première victoire face à un top 10 en Majeur. Il affrontera un compatriote dans le dernier carré : Matteo Berrettini ou Matteo Arnaldi.
Flavio Cobolli – Roland-Garros 2026 © Baptiste Autissier / Psnewz
Flavio Cobolli, tête de série n°10, a dominé le Canadien Félix Auger-Aliassime, tête de série n°4, en quatre manches (4-6, 6-4, 6-4, 6-4) ce mercredi après-midi. En se hissant en demi-finales d’un Grand Chelem pour la première fois de sa carrière, le Romain garantit la présence d’un Italien lors de la finale masculine de Roland-Garros dimanche, une première depuis 1976.
« C’était incroyable de gagner [comme ça] », a réagi Cobolli sur le court. « On a eu l’impression de jouer deux matchs en un. Je suis allé aux toilettes pour réfléchir un peu, pour changer quelque chose. Et je pense que c’est le meilleur [tennis] de toute ma vie. Je sentais que c’était la chance de ma vie et que je devais tout donner. Aujourd’hui, je l’ai fait, donc je suis vraiment heureux. »
Cette victoire du joueur de 24 ans, combinée au quart de finale 100 % italien entre Matteo Berrettini et Matteo Arnaldi plus tard ce mercredi soir, assure à l’Italie d’avoir au moins deux représentants dans le dernier carré masculin, et quoi qu’il arrive un finaliste. Une ironie de l’histoire puisque ce scénario se produit dans la partie de tableau initialement promise à Jannik Sinner.
La rencontre face à Auger-Aliassime s’est jouée sur un véritable point de bascule. Le Canadien, qui avait rallié les quarts en concédant la première manche lors de ses trois premiers tours avant d’écarter proprement Alejandro Tabilo en huitièmes, a empoché le premier set 6-4 grâce à un break unique — son entame de match la plus propre de la quinzaine.
Il a ensuite mené 3-1 dans le deuxième acte, break en poche, semblant s’envoler sur un court où il produisait son meilleur tennis de l’année. C’est le moment qu’a choisi Cobolli pour débreaker. À partir de cet instant et jusqu’à la fin du match, l’Italien a remporté ses 13 jeux de service consécutifs, breakant Auger-Aliassime une fois dans chacune des manches suivantes pour déployer un tennis sur terre battue qui lui échappait encore dans ce tournoi il y a deux mois.
Les statistiques de la quinzaine de Cobolli illustrent parfaitement l’ampleur de sa progression. Il n’a abandonné que deux sets depuis le début du tournoi : le troisième face à Zachary Svajda en huitièmes, et le premier ce mercredi. Avant cette rencontre, il affichait un bilan de 0-6 contre les joueurs du top 10 en Grand Chelem, n’ayant atteint jusqu’ici qu’un seul quart de finale majeur, à Wimbledon l’an passé.
Le Romain avait l’habitude de briller sur ocre au format Masters 1000 — avec des demi-finales à Hambourg, des finales à Bucarest ou encore Acapulco —, mais il n’avait jamais réussi à franchir ce cap en Grand Chelem lorsque l’occasion se présentait. C’est désormais chose faite.
Coup d’arrêt pour Auger-Aliassime
Cette victoire le propulse en demi-finale face à Berrettini, finaliste de Wimbledon 2021 et quart-de-finaliste à Paris la même année, qui a passé les trois dernières saisons à reconstruire son jeu après une cascade de blessures, ou Arnaldi, 104e mondial, qui a atteint les quarts après avoir passé 17 heures et 42 minutes sur le court. Il s’agit du plus long parcours pour atteindre les quarts de finale d’un Grand Chelem depuis 35 ans que l’ATP comptabilise le temps de jeu. Peu importe l’affiche, le choc pour une place en finale sera 100 % transalpin.
Le duel entre Berrettini et Arnaldi est programmé ce mercredi soir.
Pour Auger-Aliassime, cette défaite met fin au plus beau parcours de sa carrière à Roland-Garros, sur une surface qui ne l’avait guère gâté par le passé : il restait sur six éliminations au premier tour en sept participations avant cette édition, bien que son salut au premier tour en cinq sets face à Daniel Altmaier ait donné le ton d’une quinzaine marquée par des démarrages poussifs.