Djokovic s’explique sur l’arrivée de Troicki et écarte la polémique Kecmanović
Le Serbe est revenu sur l’intégration de Viktor Troicki au sein de son staff technique afin de clarifier sa décision. Le numéro un mondial a également réagi à la déception publique exprimée par Miomir Kecmanović, affirmant de manière cinglante que les différends entre les deux hommes ne le « regardaient pas ».
Novak Djokovic et Viktor Troicki – Roland-Garros 2026 © Christophe Saidi/SIPA
C’est lors de sa conférence de presse en serbe, dimanche soir dans la foulée de sa victoire au premier tour face à Giovanni Mpetshi Perricard, que Novak Djokovic a dû s’exprimer sur un sujet devenu particulièrement sensible : la nomination de Viktor Troicki comme entraîneur.
Au cœur du problème : les déclarations de Miomir Kecmanović. Le Serbe de 26 ans, solidement installé dans le top 50 mondial, avait confié au média Sportklub sa « surprise » et sa « déception » de voir son désormais ex-coach le quitter brusquement pour rejoindre le clan Djokovic.
Fidèle à lui-même, « Nole » n’a pas cherché à arrondir les angles : « J’ai pris contact avec Miomir. Nous avons parlé et je lui ai exposé ma vision des choses. Après, la manière dont il l’a accepté et ce qui se passe entre lui et Viktor, ce ne sont pas mes affaires. »
« Mon ami, mon coéquipier et désormais mon coach »
Cette collaboration entre Novak Djokovic et Victor Troicki avait été officialisée le 20 mai dernier, à seulement quatre jours du coup d’envoi de Roland-Garros. Djokovic avait alors choisi Instagram pour annoncer la nouvelle : « Bienvenue à mon ami, mon coéquipier et désormais mon coach. »
Troicki entraînait Kecmanović depuis le début de la saison 2025, après avoir épaulé le jeune espoir serbe Hamad Medjedović entre 2022 et 2024. Si ce départ surprise avait suscité l’amertume de Kecmanović, la question avait été esquivée lors de la journée des médias de Roland-Garros, et aucun journaliste anglophone n’avait interrogé Djokovic à ce sujet. C’est donc face aux médias de son pays, ce dimanche, que le champion s’est livré pour la première fois.
Pour expliquer ce choix, Djokovic a mis en avant une relation humaine profonde. Les deux hommes se connaissent depuis l’enfance, alors qu’ils n’avaient que huit ou neuf ans.
C’est l’un des proches les plus intimes que j’ai dans ma vie
Ils ont partagé les courts en tant qu’adversaires, fait équipe en double, soulevé la Coupe Davis en 2010 et décroché l’or olympique à Paris en 2024 – Troicki officiant alors comme capitaine de la sélection serbe. « C’est l’un des proches les plus intimes que j’ai dans ma vie », a souligné Djokovic. « Je n’avais tout simplement pas envie d’intégrer des personnes étrangères à mon cercle. »
L’arrivée de Troicki ne s’accompagne d’aucun départ, puisque Boris Bošnjaković et Dušan Vemić restent solidement installés dans l’équipe. Né le 10 février 1986 à Belgrade, le nouveau coach de Djokovic a lui-même connu une brillante carrière de joueur, atteignant la 12e place mondiale en 2011 et décrochant trois titres ATP avant de prendre sa retraite en 2021. Son histoire sur le court avec Djokovic, de seulement un an son cadet, constitue l’une des plus anciennes collaborations du tennis serbe. Sur le circuit principal, leur face-à-face s’était soldé par un bilan sans appel de 13 victoires à une en faveur de Djokovic.

Après avoir rangé ses raquettes, Troicki avait pris le capitanat de l’équipe de Coupe Davis en 2021 avant de devenir entraîneur sur le circuit ATP. Son recrutement s’inscrit dans la lignée de la gestion de carrière de Djokovic dans sa période post-2024. Après sa séparation d’avec Goran Ivanišević au début de cette année-là, le Serbe avait fait appel à Nenad Zimonjić pour sa campagne olympique, puis à Andy Murray au début de la saison 2025. À l’aube de son 22e Roland-Garros, c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers l’homme qu’il connaît depuis le plus longtemps dans le monde du tennis professionnel.