Auger-Aliassime : « Je pense pouvoir atteindre ce stade du tournoi de plus en plus souvent »

Après Wimbledon en juillet, Felix Auger-Aliassime s’est qualifié pour le deuxième quart de finale de sa carrière, à l’US Open. Le Canadien a dominé Frances Tiafoe en quatre sets (4-6, 6-2, 7-6, 6-4).

Auger-Aliassime - US Open

Felix Auger-Aliassime est trop jeune et trop bon joueur pour que son niveau en Grand Chelem soit remis en question. Vainqueur de Frances Tiafoe dans la nuit de dimanche à lundi (4-6, 6-2, 7-6, 6-4), le numéro 15 mondial atteint son deuxième quart de finale d’un Grand Chelem consécutif. A Wimbledon, déjà, le Canadien avait atteint ce stade de la compétition avant de s’incliner contre Matteo Berrettini. Le joueur de 21 ans est en train de réussir à faire taire à la fois ses doutes et ceux d’un public de suiveurs toujours très impatient.

Le Canadien a ainsi bien eu raison d’intégrer Toni Nadal à son équipe, et de ne pas paniquer face à ces huit finales perdues sur le circuit ATP : elles signifiaient avant tout qu’il était déjà prêt pour tenter de tout gagner.

“J’ai de plus en plus confiance en le fait de pouvoir atteindre ce stade du tournoi plus souvent. Evidemment je suis conscient des remarques qui ont été faites sur ma progression, mais j’essaie juste de me concentrer sur ce que j’ai à faire et de me donner le plus d’opportunités. Malgré les hauts et les bas, j’ai toujours cru que je pouvais y arriver, que je méritais d’être dans la position où je suis désormais.” Il devra désormais se défaire d’un autre grand espoir afin de disputer sa première demi-finale de Grand Chelem, Carlos Alcaraz.

Bien qu’il n’y avait pas encore urgence, Auger-Aliassime a tout de même bien fait de décider cette année de remodeler son équipe et son approche, parce qu’il commençait à être un peu coincé dans un cercle vicieux, celui des espoirs régulièrement déçus dès qu’un Majeur pointait le bout de son nez. S’il avait réussi à atteindre la deuxième semaine en Grand Chelem pour la première fois la saison passée ici-même (battu par Dominic Thiem), il y avait eu auparavant quelques désillusions. A l’image de la défaite d’entrée à Melbourne en 2020 malgré son rang de tête de série n°20 ou de sa défaite au troisième tour de Wimbledon 2019 face à Ugo Humbert où il n’avait jamais réussi à sortir de son stress.

“FAA” a perdu cinq fois au premier tour d’un tournoi du Grand Chelem ces trois dernières années, dont deux fois de suite à Roland-Garros (2020, 2021). Ce n’est pas le scénario idéal pour tout joueur qui espère faire partie du gratin du tennis mondial, évidemment. Mais ces derniers mois ont enfin mis Auger-Aliassime sous les projecteurs, comme son jeu le demandait.

Félix Auger-Aliassime, US Open 2021
Félix Auger-Aliassime, US Open 2021 – Danielle Parhizkaran – AI / REUTERS / PANORAMIC

Vous devez vraiment avoir une profonde confiance en vous afin de réussir à ce niveau

Félix Auger-Aliassime

“J’ai toujours eu cette croyance que j’allais trouver la solution, que j’allais réussir à me sortir de ce match. J’y croyais vraiment très fort cette fois-ci. Je suis heureux de la manière dont je me suis comporté, de mon attitude : je suis resté concentré et positif, ça m’a aidé à m’en sortir.” Ses propres ambitions en Grand Chelem et les attentes extérieures étaient-elles trop grands et trop précoces ? Cela lui a-t-il un peu pris la tête ? “Ces deux dernières années, oui je pense que c’était peut-être trop. J’ai commencé à gravir les échelons en 2019 mais je n’avais pas grands résultats en Grand Chelem. Atteindre les huitièmes de finale ici l’an passé a vraiment fait du bien à ma confiance. Et me voilà cette année avec une troisième participation à la deuxième semaine d’un Majeur.”

Entre les performances de Leylah Fernandez et Carlos Alcaraz lors de cet US Open, on a beaucoup entendu parler de confiance en soi comme meilleur moyen de créer l’expoit. Auger-Aliassime a totalement adopté cette théorie.

“Il y a la confiance qu’on retire des victoires et il y a le fait de croire en soi qui ne devrait pas trop être influencé par les résultats. A chaque fois il faut repartir au travail, s’accrocher, et garder cette croyance en soi-même parce que si elle disparaît, personne ne va venir croire en vous à votre place. Vous devez vraiment avoir une profonde croyance en vous afin de réussir de grandes choses à ce niveau.”

On savait que cet US Open serait intense

Félix Auger-Aliassime

Entre cette nouvelle “zen attitude” et un vrai travail technique accompli sur son service, Auger-Aliassime peut désormais s’aligner sur n’importe quel match avec beaucoup plus de certitudes que de doutes et cela fait toute la différence. Il est évidemment encore trop tôt pour dire s’il est totalement lancé pour être le champion qu’on le pense tous capable de devenir mais les progrès réalisés sont suffisamment impressionnants pour qu’on pense de nouveau qu’il n’y a pas de limites à son ambition. “FAA” est l’un des gentlemen de la nouvelle vague, ce qui explique aussi pourquoi les gens ont très envie de le voir réussir : son potentiel sur et hors des courts est une évidence. Mais dans cette ère du jeu, rien n’est gagné d’avance alors il sait bien qu’il doit encore garder la tête dans le guidon et travailler dur, en laissant la “hype” de côté.

“Il y a eu du boulot fait au niveau technique, surtout l’année passée quand le circuit a dû s’arrêter. J’ai réussi à utiliser cette période pour travailler mon service et depuis je sens que ce coup est devenu très efficace et régulier, même si ça reste encore un chantier en cours. Rien n’est sûr, le prochain match pourrait avoir un tout autre visage et je dois l’accepter. Mais je sens que mon jeu devient de plus en plus solide. On savait que cet US Open serait intense, qu’il y aurait beaucoup d’enjeu. D’un côté, Novak chasse l’histoire du jeu, de l’autre on a désormais des jeunes joueurs avec plusieurs finales de Grand Chelem à leur actif comme Medvedev, Zverev et Tsitsipas, qui a perdu, et qui ont très faim. C’est aussi mon cas : je suis là, sur les plus grands courts, et je veux gagner ces tournois.” Oui, “FAA” a cet été réussi à se faire une place en Grand Chelem parmi les ambitieux de la nouvelle génération.

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