Carreño Busta est encore là, et c’est tout sauf un miracle

Joueur le moins bien classé des quatre demi-finalistes, Pablo Carreño Busta fait figure d’invité surprise dans le dernier carré de l’US Open. Mais, en y regardant d’un peu plus près, on ne peut que constater que la présence de l’Espagnol à pareille fête ne doit rien au hasard.

C’était acquis et compris depuis longtemps déjà : cet US Open cuvée 2020 ne ressemblera à aucun autre. Et, pour marquer le coup, le tournoi masculin accouchera d’un vainqueur inédit en Grand Chelem. La composition du dernier carré n’est néanmoins pas d’une originalité indécente puisqu’on y retrouve le finaliste malheureux de la précédente édition (Daniil Medvedev), le numéro 3 mondial (Dominic Thiem) et l’une des têtes de gondole de la tant louée Next Gen (Alexander Zverev). A vrai dire, seule la présence de Pablo Carreño Busta, qui n’est « que » 27e à l’ATP, pourrait en étonner plus d’un. Et pourtant…

Les demies à Flushing, Carreño Busta connaît déjà

Certes, le joueur de 29 ans a été le premier bénéficiaire de la disqualification de Novak Djokovic, coupable d’avoir d’avoir frappé une balle en direction d’une juge de ligne en huitièmes de finale. Il semble toutefois nécessaire de rappeler que le droitier d’1,88m venait tout juste de breaker et s’apprêtait à servir pour le gain de la première manche lorsque le Serbe a commis l’irréparable. Nul ne saura jamais ce qu’il serait advenu si ce match avait pu aller jusqu’à son terme. Mais toujours est-il que, pendant une heure, l’Espagnol avait fait mieux que rivaliser avec le numéro 1 mondial.

L’autre élément incitant à penser que Carreño Busta n’est pas un passager clandestin est encore plus évident : ce n’est pas la première fois qu’il se hisse en demi-finales du Majeur américain. En 2017 déjà, il était parvenu à rallier le dernier carré, son rêve de finale ayant alors été brisé par Kevin Anderson (4-6, 7-5, 6-3, 6-4). Quelques mois plus tôt, il avait été demi-finaliste du Masters 1000 d’Indian Wells. Quelques mois plus tard, il avait récidivé lors de celui de Miami. Preuve que l’Asturien est à son aise sur dur.

Zverev archi-favori face à Carreño Busta ? Pas si sûr

« C’est très important pour moi d’être de retour en demies de l’US Open, » a soufflé le natif de Gijón mardi, au sortir de sa victoire marathon contre Denis Shapovalov (3-6, 7-6, 7-6, 0-6, 6-3). Avant d’ajouter, pour rappeler qu’il n’a rien d’un novice : « Il y a trois ans, j’ai atteint les quarts à Roland-Garros, c’était génial. Ensuite, je suis allé jusqu’en demi-finales ici même, à New York, et c’était incroyable ! Si j’ai réussi à rééditer cette performance, à me retrouver encore une fois à ce stade de la compétition, c’est parce que j’ai le niveau. C’est très important pour moi, pour ma confiance et cela m’encourage à poursuivre dans cette voie. »

Cette voie, justement, pourrait-elle lui permettre de franchir un palier supplémentaire et d’atteindre la première finale de Grand Chelem de sa carrière ? L’espoir subsiste en tout cas, et à raison. Car son futur adversaire, Alexander Zverev, n’a pas franchement rassuré son monde depuis le début de la quinzaine américaine. L’Allemand reste même sur une prestation très poussive en quarts contre Borna Coric, qu’il a écarté (1-6, 7-6, 7-6, 6-3) malgré 12 doubles fautes et 46 fautes directes. Face à un métronome aussi régulier que l’est Carreño Busta, commettre autant d’erreurs risquerait de lui coûter très cher…

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