Osaka : «J’aurais facilement pu m’effondrer, mais je voulais vraiment me battre»

Naomi Osaka est revenue de 6-1, 2-0 contre Victoria Azarenka pour remporter son deuxième titre de l’US Open, ce samedi. Elle a expliqué lors de sa conférence de presse comment elle y est parvenue.

Naomi Osaka fighting, 2020 US Open final

Naomi Osaka a effectué un retour en force contre Victoria Azarenka en finale de l’US Open samedi, en revenant d’un set et un break contre elle pour s’imposer 1-6, 6-3, 6-3.

Complètement surclassée pendant les 45 premières minutes du match, la Japonaise de 22 ans n’avait inscrit que 5 coups gagnants pour 10 fautes directes dans le premier set. Pire : elle semblait complètement à plat physiquement. A l’inverse, Azarenka, qui avait déjà réalisé une brillante performance contre Serena Williams en demi-finale, a continué à dominer sur tous les fronts.

Mais tout a basculé juste à temps pour Osaka, qui, après avoir batailler pour rattraper son retard de 6-1 et 2-0, a finalement soulevé son deuxième trophée de l’US Open – son troisième titre du Grand Chelem au total.

Comment a-t-elle réussi ?

« Je suis très compétitrice de nature, a expliqué l’ancienne numéro 1 mondiale. Depuis mon plus jeune âge… Je pense que le premier et le deuxième set sont un très bon exemple (de mon évolution) . J’aurais facilement pu m’effondrer, mais je voulais vraiment me battre ; juste rivaliser. Je ne sais pas… Honnêtement, je n’avais pas vraiment d’autre idée en tête. Je ne pensais pas vraiment à la victoire, je pensais juste au combat à mener. Et ça s’est enchaîné jusqu’au trophée. »

« Dans le premier set, j’étais tellement nerveuse, je n’avais aucun mobilité au sol. J’avais l’impression de ne pas jouer – non pas que je m’attendais à jouer à 100 %, mais ç’aurait été bien que je joue même à 70 %. Mais, oui, j’avais l’impression de réfléchir plutôt que de jouer. Puis, dans deuxième set, j’ai rapidement pris du retard, ce qui ne m’a pas vraiment aidé. Je me suis juste [dit] qu’il fallait être positive, ne pas perdre 6-1, 6-0, (et) qu’avec un peu de chance, cela passerait. J’ai juste suivi cette ligne de conduite. »

La famille d’abord

Osaka a fait vivre à ses fans – et à sa famille – des montagnes russes émotionnelles en débutant si mal sa finale. En fait, même après que la numéro 9 mondiale eut effectué son come-back et gagné, son père a apparemment dû aller faire de l’exercice pour évacuer le stress. Ce fut donc à la mère de Naomi Osaka de féliciter sa fille par messages. La championne adore ces moments.

« Pour moi, c’est toujours ma mère ou mon père, a-t-elle déclaré lorsqu’on lui a demandé de parler des messages de félicitations qui lui tiennent le plus à cœur. Aujourd’hui, c’était ma mère, car apparemment mon père est parti se dégourdir les jambes sur un vélo juste après ma victoire. Le stress à évacuer, sûrement. »

« Chaque fois que je gagne, j’espère que je rends mes parents heureux. Ma mère, surtout ici à New York, j’ai tellement de souvenirs d’elle qui se réveille à 4 heures du matin, qui prend le bus, qui prend le train… Je sais tous les sacrifices qu’elle a faits. J’espère pouvoir lui rendre la pareille un jour. »

Sept masques

Osaka, bien sûr, ne jouait pas seulement pour elle et sa famille. La tête de série n°4 de cette quinzaine a apporté avec elle sept masques pour l’US Open – un pour chaque match potentiel – au cas où elle se rendrait jusqu’en finale et en aurait besoin d’autant. Eh bien, elle l’a fait. Chacun portait le nom d’une personne ayant perdu la vie pour la couleur de sa peau. Son septième masque portait le nom de Tamir Rice.

« Je voulais tout mettre en place pour éventuellement gagner ce tournoi, a conclu Osaka. J’avais l’impression d’avoir travaillé si dur, je voulais avoir une chance. Je voulais que plus de gens disent plus de noms. »

Lire à ce sujet l’analyse de Simon Cambers : le destin de Naomi Osaka était inscrit sur son masque. Il raconte que la timide Naomi Osaka de 2018 a laissé place à une championne consciente de son impact sur le monde.

Traduit de l’anglais par Maxime Ducher et Cédric Rouquette

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