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14 mars 1999 : le jour où Moya a débuté son court règne au sommet du tennis mondial

Le 14 mars 1999, un jour après avoir battu Gustavo Kuerten pour s’assurer de prendre la première place mondiale, Carlos Moya était battu par Mark Philippoussis en finale d’Indian Wells.

On this day 14.03.2021 On this day 14.03.2021

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi cela a marqué l’histoire du tennis

Ce jour-là, le 14 mars 1999, un jour après avoir battu Gustavo Kuerten pour atteindre la première place mondiale, Carlos Moya est battu par Mark Philippoussis en finale d’Indian Wells (5-7, 6-4, 6-4, 4-6, 6-2). L’Espagnol, vainqueur de Roland-Garros en 1998, ne restera au sommet du classement que deux semaines, ce qui fera de lui le deuxième numéro 1 le plus bref de l’histoire du tennis.

Les personnages : Carlos Moya et Mark Philippoussis

  • Carlos Moya, vainqueur de Roland-Garros

Carlos Moya, né en 1976 à Majorque, devient professionnel en 1995. Gaucher dans la vie de tous les jours mais droitier au tennis, il intègre le top 100 en novembre de cette même année, juste après avoir remporté son premier titre, à Buenos Aires, aux dépens de Felix Mantilla (6-0, 6-3). En 1996, il ajoute un deuxième tournoi à son palmarès, en s’imposant à Umag (en battant à nouveau Mantilla en finale, 6-0, 7-6), et, disputant deux autres finales sur le circuit, il termine l’année à la 28e place mondiale. Avec son énorme coup droit, il est l’un des joueurs les plus prometteurs de sa génération, ce qu’il confirme à l’entame de 1997 en atteignant la finale de l’Open d’Australie (battu par Pete Sampras, 6-2, 6-3, 6-3). Sa carrière atteint des sommets en 1998 : cette année-là, il remporte son premier titre du Grand Chelem à Roland-Garros, aux dépens d’Alex Corretja (6-3, 7-5, 6-3), avant de parvenir en demi-finales de l’US Open puis en finale du Masters (où Corretja prend sa revanche, 3-6, 3-6, 7-5, 6-3, 7-5). Éliminé au premier tour de l’Open d’Australie, il reste néanmoins candidat à la première place mondiale.

  • Mark Philippoussis, machine à aces

L’Australien Mark Philippoussis est né en 1976. Il intègre le top 100 en 1995, passant de la 307e à la 32e place mondiale en une seule saison, s’appuyant principalement sur l’un des services les plus impressionnants de l’histoire du tennis, qui lui vaut le surnom de « Scud ». Cette même année, il dispute également sa première finale chez les pros à Scottsdale (battu par Jim Courier, 7-6, 6-4). En 1996, il se fait connaître en renversant le numéro1 mondial, Pete Sampras, au troisième tour de l’Open d’Australie (6-4, 7-6, 7-6), mais il s’incline au tour suivant face à son compatriote Mark Woodforde (6-2, 6-2, 6-2). Dix mois plus tard, à Toulouse, il remporte le premier de ses dix titres, aux dépens de Magnus Larsson (6-1, 5-7, 6-4). En 1998, il atteint la finale de l’US Open, défait par Patrick Rafter à l’occasion de la première finale de Grand Chelem 100% australienne depuis 1970.  

Le lieu : Indian Wells

L’histoire du tournoi de tennis d’Indian Wells a commencé en 1987, lorsque le tournoi de La Quinta, sous l’impulsion de Charlie Pasarell, est devenu si important qu’il a dû déménager dans des locaux plus grands, sans quitter la Californie : l’Indian Wells Tennis Garden. Le tournoi était déjà d prestigieux à La Quinta, mais en s’installant à Indian Wells, il intègre le circuit du Grand Prix et la finale de sa première édition, connue sous le nom de Pilot Pen Classic, a vu Boris Becker dominer son rival, Stefan Edberg (6-4, 6-4, 7-5).  En 1993, le tournoi intègre la catégorie Super 9, qui deviendra plus tard Masters Series, puis Masters 1000. À la fin des années 1990, il est un des tournois les plus importants en dehors des levées du Grands Chelems.

L’histoire : Moya, premier Espagnol à devenir numéro 1, ne fait pas coup double

Au début de la saison 1999, Carlos Moya est 5e mondial, mais personne ne s’attend à ce qu’il se retrouve candidat à la place de numéro 1 quelques semaines plus tard. Mais le contexte est un peu spécial : Ievgueni Kafelnikov s’impose à l’Open d’Australie en l’absence des deux premiers mondiaux, Pete Sampras et Marcelo Rios. Sampras, qui dominait le circuit depuis 1993, est épuisé après avoir lutté toute l’année pour terminer 1998 à la première place, établissant un nouveau record avec six années consécutives terminées en tant que numéro 1 mondial, et n’a jusqu’ici joué que deux tournois. Il n’y a pas d’autre leader sur le circuit à ce moment, et lorsque Moya arrive à Indian Wells, il a beau n’être que 4e mondial, seulement 215 points le séparent du sommet. Ses chances de s’emparer de la première place mondiale sont minces, mais le scénario idéal prend forme peu à peu : Sampras, Kafelnikov et Corretja, les trois joueurs qui le devancent au classement, sont tous éliminés au premier tour. S’il parvient à se hisser en finale, Moya deviendra le premier Espagnol à atteindre la première place mondiale.

Le vainqueur de Roland-Garros 1998 se qualifie sans peine pour les demi-finales, où il vient à bout Gustavo Kuerten (6-3, 1-6, 6-1) pour s’emparer de la première place. “Maman, je suis le numéro 1 mondial !”, dit-il  lorsqu’il téléphone à sa famille après cette victoire mémorable.

Maman, je suis numéro 1 mondial !

Carlos Moya

Cependant, le tournoi n’est pas encore terminé. S’il veut devenir numéro1 avec la manière, Moya doit battre le grand serveur australien Mark Philippoussis, le “Scud”, finaliste du dernier US Open. Malheureusement, l’Espagnol s’incline en cinq sets, après un combat de haut niveau de plus de trois heures (5-7, 6-4, 6-4, 4-6, 6-2). 

“La clé du match a été le troisième set où le match était très serré et où j’ai eu quelques balles de break”, a déclaré Moya. “Mais je n’en ai converti aucune. (…) Être numéro 1 et remporter le titre par-dessus le marché aurait été un début parfait, mais aujourd’hui il est meilleur que moi, c’est tout.”

Pendant ce temps, l’Australien, qui vient de remporter le titre le plus important de sa carrière, se montre extrêmement satisfait. “Ça fait du bien”, dit-il. “C’est encore plus spécial en sachant que Carlos est numéro 1 mondial. J’ai joué du très bon tennis aujourd’hui”.

La postérité du moment : un règne court, et plus aucune demi-finale de Grand Chelem pour Moya

Moya ne restera numéro un mondial que deux semaines et sera le deuxième numéro un mondial le plus bref de l’histoire du tennis, derrière Patrick Rafter, qui occupera la première place pendant une seule semaine au cours de l’été 1999. Ses meilleurs résultats dans les années à venir seront d’atteindre les quarts de finale à Roland-Garros en 2003, 2004 et 2007. Retraité en 2010, Moya se rendra ensuite célèbre en tant qu’entraîneur de Rafael Nadal à partir de la fin des années 2010.

Philippoussis atteindra la 9e place mondiale, son meilleur classement, après son triomphe à Indian Wells. Par la suite, sa carrière sera émaillée de blessures : opéré du genou à trois reprises, il ne disputera que 9 tournois en 2001, absent des quatre tournois du Grand Chelem. Il chutera à la 148e place mondiale en avril 2002, mais en 2003, il retrouvera son meilleur niveau. A Wimbledon, il éliminera Andre Agassi en huitièmes de finale (6-3, 2-6, 6-7, 6-3, 6-4), lui assénant au passage un record de 46 aces, avant d’aller jusqu’en finale, où il sera battu par Roger Federer (7-6, 6-2, 7-6). Cependant, son retour sera de courte durée, et dans les années suivantes, il fera plus souvent les titres de la presse people que des journaux sportifs.

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