Les meilleurs joueurs doivent-ils aider financièrement les moins bien classés ?

Match Points est un talk-show animé par Josh Cohen. Dans cet extrait, ses invités se sont accordés sur le fait que les meilleurs joueurs mondiaux doivent se montrer plus solidaires des moins bien classés.

22 mai 2020

Pour l’épisode 3 de Match Points, notre talk show 100% tennis,  nos trois invités sont Marion Bartoli, vainqueure de Wimbledon en 2013, Noah Rubin, 225e joueur mondial (également fondateur de Behind the Racquet) et le journaliste de tennis américain Ben Rothenberg. 

Ils ont débattu de la question du soutien financier des meilleurs joueurs envers ceux qui gagnent beaucoup moins bien leur vie du tennis, et qui sont plus fortement impactés par l’arrêt du circuit dû à l’épidémie de coronavirus.

Alors que plusieurs initiatives se sont multipliées, notamment deux sous l’impulsion de Patrick Mouratoglou et du Big 3, certains joueurs s’y sont montré opposé, comme Dominic Thiem ou Matteo Berrettini. Ce qui a déclenché des réactions d’incompréhension, comme celle d’Inès Ibbou.

Ben Rothenberg, qui écrit notamment pour le New York Times, estime que la réponse va de soit. Et que les meilleurs joueurs n’ont pas assez contribué :

« Djokovic comptait donner 30 000$, mais il a gagné des millions en carrière. C’est presque moitié moins que ce qu’il aurait gagné s’il avait perdu au premier tour de l’Open d’Australie. Sauf qu’il a gagné l’Open d’Australie et 3 millions de dollars. 30 000$, c’est une somme assez maigre pour les meilleurs joueurs. Les meilleurs joueurs devraient donner plus. »  

« Les vainqueurs gagnent trop d’argent »

« Où placer la limite entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent? », a demandé Josh Cohen à Marion Bartoli. La Française la fixe de manière bien plus restrictive qu’au Top 100.

« Chez les femmes, le top 10 est suffisant, soutient la Française. Quand vous êtes classée de la 11e à la 20e position, ce n’est pas l’enfer financier, loin de là, mais vous ne gagnez pas tant d’argent que ça. Surtout si vous n’avez pas de soutien important. Un joueur qui gagne l’US Open va amasser 4 millions de dollars… J’ai gagné Wimbledon et je n’ai pas gagné autant. Et je crois avoir gagné assez d’argent. Les vainqueurs gagnent trop d’argent. L’argent n’est pas assez redistribué », conclut Marion Bartoli.

Marion Bartoli of France celebrates with the trophy at The Championships, Wimbledon, 2013. -------------------- Ella Ling / BPI Wimbledon - Day Twelve Wimbledon - Day Twelve 06 July 2013 Javier Garcia +447887794393 info@backpageimages.com http://www.backpageimages.com

Noah Rubin a abondé dans le sens des autres invités. Pour lui, si une solidarité doit s’exercer entre les joueurs, elle doit venir des meilleurs mondiaux. Ce sont eux qui en ont les moyens.

« Il y a beaucoup d’argent dans le tennis, mais on enrichit les meilleurs et on appauvrit les moins bons. Il y a un manque de communication. Entre les trois meilleurs joueurs et les trois meilleures joueuses, ils pèsent en cumulé plus d’un milliard de dollars. Déjà, prenons la moitié de l’argent chez eux. Une moitié là, une moitié chez les autres.

Si on parle vraiment de prendre l’argent des joueurs, c’est une solution évidente, et ça ne les affectera pas trop, résume le joueur Américain. Si on cherche la solution de facilité sans impliquer les joueurs, on parle de 5 à 6 joueurs, 3 chez les hommes, 3 chez les femmes, qui ont ensemble plus de 2 milliards de dollars. Si on veut tout égaliser rapidement, voici la solution. »

« Il vaut mieux être numéro 4 que 3 », a malicieusement conclu Josh Cohen.

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *