« Qui s’assoit et regarde entièrement un match en cinq sets ? »

Match Points est une émission de débats de Tennis Majors, animée par Josh Cohen. Dans cet épisode, Noah Rubin, Ben Rothenberg et Simon Cambers s’interrogent sur l’intérêt des matches en cinq sets.

4 octobre 2020

Après avoir débattu de la nécessité d’instaurer un tie-break dans le cinquième set à Roland-Garros, les intervenants de l’émission Match Points se sont attaqués à un autre sujet qui, chaque année, suscite des discussions : les matches en cinq manches. « Qui s’assoit et regarde un match en cinq sets ? », s’interroge Simon Cambers. Comme Noah Rubin et Ben Rothenberg, le journaliste de Tennis Majors a été invité par Josh Cohen à donner son avis. Et celui-ci est assez clair :

« Je pense que les organisateurs doivent être innovants et penser : « OK, allons-y. » Changeons, essayons quelque chose. Je suis sûr que les chaînes de télévision réclament des matches plus courts dans des créneaux plus courts. Nous en sommes sûrs. »

« Il faut aussi penser aux téléspectateurs »

Les bras de fer à rallonge font pourtant partie intégrante de l’histoire des Grands Chelems et suscitent un engouement indéniable en tribunes. Le duel haletant entre Corentin Moutet et Lorenzo Giustino, qui s’est terminé sur une victoire de l’Italien après 6h05′ de jeu (0-6, 7-6, 7-6, 2-6, 18-16) au premier tour de Roland-Garros, en est un exemple récent. Mais, pour Simon Cambers, l’enthousiasme des spectateurs présents au plus près du court ne doit pas être le seul élément à prendre en compte :

« La plupart des gens dans le stade s’amusent beaucoup. Ils sont assis là tout ce temps pour cinq sets et ils ont probablement raison de s’y intéresser. C’est bien. Mais il faut aussi penser aux téléspectateurs, car ce sont eux qui paient les factures. Surtout lors de ce Roland-Garros, qui compte très peu de fans et ne peut pas vraiment se reposer sur la vente de billets. Il faut penser à l’ensemble. »

Corentin Moutet, Roland-Garros, 2020

« Nous avons besoin d’une meilleure qualité »

Les rencontres en cinq sets sont forcément indécises et parfois renversantes. Mais elles n’atteignent pas toujours des sommets en matière de qualité tennistique pure, comme l’explique Noah Rubin (225e mondial), créateur de « Behind the Racquet » :

« Pour moi, c’est la qualité qui prime sur la quantité. Combien de fois ai-je vu des matches en cinq sets avec des jeux balancés, voire des sets balancés par un joueur qui l’emportait quand même à la fin ? Nous ne pouvons plus faire cela. Les gens qui regardent le tennis, ils ne peuvent plus le voir. La jeune génération ne peut pas le voir. Nous avons besoin d’une meilleure qualité. »

Djokovic et Nadal partagés sur la question

Novak Djokovic a relancé le débat en affirmant qu’il était pour un passage au meilleur des trois sets en Grand Chelem, jugeant la saison déjà assez longue pour continuer avec ce format. Rafael Nadal, de son côté, ne l’entend pas de la même oreille et milite pour que l’on ne touche pas à ce format du cinq set, plus dur mentalement et physiquement pour les joueurs mais qui est l’essence même d’un Grand Chelem.

Daniil Medvedev et Alexander Zverev ont également donné leur avis sur la question. Le Russe s’est rangé du côté du numéro 1 mondial, l’Allemand est lui d’accord avec le Majorquin.

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