Anisimova terrasse Sabalenka au bout d’un duel titanesque et s’offre sa première finale de Grand Chelem

Deux ans après une pause forcée, Amanda Anisimova signe un incroyable retour au plus haut niveau. L’Américaine a dominé Aryna Sabalenka en trois manches de très haute intensité (7-5, 4-6, 6-4) pour rallier la finale de Wimbledon.

ANISIMOVA_WIMBLEDON_2025 (2) ANISIMOVA_WIMBLEDON_2025 – © Action Plus / Psnewz

Sur le Centre Court de Wimbledon, on a vu deux frappeuses, deux tempéraments, deux trajectoires qui se sont télescopées. Amanda Anisimova a signé l’un des plus beaux rebondissements de la saison. Deux ans après avoir mis sa carrière entre parenthèses en raison d’un burn-out, l’Américaine de 23 ans s’est qualifiée pour sa première finale en Grand Chelem. Face à la n°1 mondiale Aryna Sabalenka, elle a livré un duel d’une intensité rare, conclu sur le score de 7-6 [5], 4-6, 6-4 après 2h36 de jeu. Une performance majuscule, au terme d’un combat aussi brutal que spectaculaire.

Dès les premiers échanges, le décor est planté : cette demi-finale ne laissera aucune place au répit. Deux joueuses qui frappent fort, très fort. Les services claquent, les points sont brefs, et le moindre relâchement se paie comptant. Mais c’est au cœur du premier set que la tension s’est installée.

À 2-2, Anisimova s’est procurée les premières balles de break du match. Un avertissement sans frais pour Sabalenka, qui a répondu avec autorité. La Biélorusse a cru reprendre le contrôle, mais c’est l’Américaine qui, patiente, solide, a fini par faire craquer son adversaire dans un dixième jeu à rallonge. Sabalenka a cédé sur une double faute commise par la pression constante mise par Anisimova.

On aurait pu croire Sabalenka sonnée. Mais la numéro 1 mondiale est une habituée des tempêtes. Dès l’entame de la deuxième manche, elle a haussé le ton, imposée sa puissance, et est parvenue à dicter les échnges. Anisimova, un peu moins précise, a accumulé ses uniques erreurs dans un seul jeu, offrant le break sur une double faute. Le match à de nouveau basculé.

Le troisième set d’une finale avant l’heure

Le dernier acte est un condensé de ce que ce sport peut offrir de plus palpitant. Des jeux à rallonge, des points incroyables, des retours fulgurants, des échanges ponctués d’explosions vocales. Sabalenka a d’abord pris l’avantage, avant qu’Anisimova recolle et prenne les devants.

À 3-1 pour l’Américaine, la Biélorusse a eu des occasions pour revenir. Elle a obtenu deux balles de débreak, mais le filet, à deux reprises, est venu enrayer son élan. La bande, cruelle, a repoussé la numéro 1 mondiale dans ses doutes. Anisimova, elle, a enchaîné les fulgurances. Un coup droit dans la lucarne, un retour tendu dans les pieds : le bras n’a pas tremblé. La voilà à 5-2, à quatre points de sa première finale de Grand Chelem.

Mais rien n’est simple contre une joueuse comme Sabalenka. Portée par l’orgueil, elle s’est accrochée, en revenant à 5-4 après avoir sauvé une balle de match avec une rage incroyable.

Sur son service, Amanda Anisimova a mené 40-0 mais a manqué sa deuxième et sa troisième balle de match avant de finalement conclure sur la sa quatrième opportunité. Un enchaînement millimétré, conclu par un coup droit décroisé dans l’angle. Sabalenka n’a pas pu bouger.

Anisimova touche les sommets

Cette victoire a une portée immense dans la trajectoire d’Amanda Anisimova. À seulement 23 ans, l’Américaine va disputer sa première finale de Grand Chelem, six ans après avoir touché du doigt le très haut niveau à Roland-Garros. Elle revient de loin… de très loin. D’un burn-out, d’un arrêt brutal, d’un vide à combler. Aujourd’hui, elle est de retour là où elle a toujours rêvé d’être : sous les projecteurs, au sommet du tennis mondial.

En finale, Amanda Anisimova retrouvera une autre joueuse en quête d’un premier sacre à Wimbledon : Iga Swiatek ou Belinda Bencic. L’une est une quintuple championne en Grand Chelem, ancienne numéro 1 mondial. L’autre, championne olympique 2021 et jeune maman revenue de loin, incarne une résilience rare. Quelle que soit l’adversaire, Anisimova le sait : elle n’a plus rien à prouver. Et tout à conquérir.

Pour Aryna Sabalenka, cette défaite a un goût amer, et un parfum de déjà-vu. Battue en trois sets par Madison Keys à l’Open d’Australie, par Coco Gauff en finale de Roland-Garros, la numéro 1 mondiale s’incline à nouveau sur un score similaire au porte de son objectif. Triple lauréate en Grand Chelem, à chaque fois sur dur, la Biélorusse n’y arrive décidément pas ailleurs, malgré ses énormes progrès.

Elle avait jusqu’ici toujours su s’arracher, renverser les scénarios dans cette édition originale . Mais cette fois, face à une Anisimova déchaînée, la corde a cédé. Reste à savoir quelle sera la réaction de la patronne du circuit. Car si cette chute fait mal, Aryna Sabalenka est encore au sommet et ce n’est pas un revers de plus qui la fera disparaître.

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