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Un parcours à la dure, un tennis varié mais aucune référence à Wimbledon : découvrez Harmony Tan

Jackpot pour Harmony Tan ! La Française de 24 ans, 113e mondiale, a hérité de Serena Williams au 1er tour de Wimbledon. Encore assez méconnue du grand public, elle présente un parcours riche et atypique, qui mérite d’être découvert.

Harmony Tan Linz 2020 ©Panoramic

Elle s’est « bâtie » dans le privé, à la dure

Née à Paris (le 11 septembre 1997) et formée au sein de la Ligue du Val-de-Marne (TC Nogent et Alsacienne-Lorraine de Paris), Harmony Tan n’a jamais été dans les clous des projets fédéraux, barrée dans son enfance par les meilleures joueuses de son âge, notamment Fiona Ferro.

Celle qui est désormais licenciée au TC Boulogne-Billancourt a donc poursuivi sa progression dans le privé, effectuant notamment, avec le soutien financier de sa famille qui a fait énormément de sacrifices pour elle (jusqu’à la vente d’une maison), des séjours à l’étranger, comme au sein de l’académie Bolletieri, en Floride, ou chez Melanie Molitor, la maman de Martina Hingis, en Suisse.

Pour éviter de s’éparpiller et aller droit au but, Harmony ne s’est guère attardée chez les juniors, préférant se lancer le plus tôt possible sur le circuit pro : elle a ainsi disputé son premier tournoi ITF en 2012, à l’âge de 14 ans, avant de raccrocher le wagon et d’intégrer l’INSEP à 16 ans.

C’est une artiste, intellectuelle et sportive dans l’âme

Harmony Tan a fait beaucoup de choses durant sa jeunesse : en plus du tennis, elle a également pratiqué le judo et le golf. Mais l’activité qu’elle a pratiquée le plus assidûment, en dehors de la balle jaune, c’est le piano, puisqu’elle a suivi des cours au Conservatoire pendant sept ans, avec une formation essentiellement classique.

La jeune femme aux origines vietnamiennes (par sa mère) et cambodgiennes (par son père) a par ailleurs poussé assez loin ses études, suivant la volonté de ses parents : elle a obtenu son bac, puis suivi la filière de Sciences Po Paris réservée aux sportifs de haut niveau.

Aujourd’hui, Tan a une grande passion en dehors du tennis : le surf, qu’elle pratiquement régulièrement dans les Landes ou sur la Côte Basque, où elle séjourne fréquemment.

Elle travaille avec Nathalie Tauziat et Sam Sumyk

C’est dans le Sud-Ouest, justement, que Harmony Tan a rencontré celle qui la coache depuis plusieurs années : Nathalie Tauziat, finaliste de Wimbledon en 1998, et aujourd’hui basée à Biarritz. Forcément, cette dernière, qui l’a emmenée de la 500e place mondiale jusqu’au top 100, a beaucoup axé sa progression sur le tennis offensif et sur le jeu au filet. Mais elle l’a également beaucoup aidée sur le plan mental.

« Harmony prend son temps, elle manque de confiance en elle, déclarait l’ancienne numéro française (et numéro trois mondiale) l’an dernier à rmcsport. Le chemin à parcourir est long, d’abord parce qu’on n’a pas tellement cru en elle. Petit à petit, cela vient à force de lui donner les moyens de faire plus de choses. »

Au fil du temps, Tan a également pu étoffer sa structure. Longtemps suivie également par Pierre Bouteyre (l’ancien entraîneur d’Alizé Cornet), elle a intégré dans son équipe, à la fin de la saison dernière, Sam Sumyk, le technicien français basé aux Etats-Unis qui a notamment travaillé aux côtés de Vera Zvonareva, Victoria Azarenka et Garbiñe Muguruza.

Son tennis est varié et inspiré

Harmony Tan n’est pas ce que l’on peut appeler une cogneuse. Elle n’est pas non plus une joueuse avec des gros coups forts et des points faibles clairement identifiés. Elle est plutôt du genre à faire un peu de tout, au gré de son humeur du moment – son côté artiste, sans doute – et bien entendu de la surface.

Cela donne un tennis inspiré et varié, aujourd’hui plutôt porté vers l’avant, sans doute grâce à la patte de Nathalie Tauziat. Comme on dit, Harmony a une belle main, qui lui permet de maîtriser le revers slicé, l’amortie et la volée. Elle n’hésite d’ailleurs pas à faire de temps en temps service-volée, ce qui pourrait lui être utile sur gazon. Allez, si elle devait dégager un coup qu’elle maîtrise particulièrement, ce serait le revers long de ligne. Revers qu’elle joue à deux mains (elle est droitière), pour être complet.

Quoi qu’il en soit, même si elle n’a jamais disputé le tableau final de Wimbledon, son tennis semble fait pour s’adapter au gazon. En témoigne d’ailleurs une demi-finale atteinte la semaine dernière lors d’un « WTA 125 » sur herbe en Italie.

Elle a déjà gagné deux matches en Grand Chelem mais jamais affronté une joueuse du niveau de Serena

Alors qu’elle a percé le mur du top 100 seulement cette année – elle a atteint la 90e place mondiale, son meilleur classement, en avril dernier -, Harmony Tan n’a forcément pas l’habitude d’affronter des joueuses du niveau de Serena Williams, même si cette dernière, absente depuis un an, n’a quasiment plus de classement WTA et bénéficie d’une wild-card à Wimbledon.

Jusqu’à présent, la joueuse la plus forte que la Française ait eu à affronter reste Elina Svitolina (17e mondiale), en début d’année au 2e tour de l’Open d’Australie. Elle avait dû alors abandonner sur blessure. Dommage, car elle venait de gagner son deuxième match en Grand Chelem après un succès sur Alizé Cornet à Roland-Garros en 2021.

Mais petit à petit, celle qui a fait une chute du deuxième étage de son école quand elle avait huit ans fait son apprentissage du haut niveau. En avril dernier, elle a disputé son premier match en Billie Jean King Cup, en remplacement de Clara Burel, blessée. Elle a nettement perdu contre Camila Giorgi, mais accumulé encore un peu plus d’expérience. Désormais, elle semble mûre pour le très haut niveau.

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