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Emma Raducanu en 2021 : du bac au titre à l’US Open

Classée 345e mondiale fin 2020, Emma Raducanu a surgi de nulle part
pour triompher à l’US Open. Mais sur ce qu’elle a globalement montré durant l’année, c’est une évidence : la jeune Britannique est partie pour durer…

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Début 2021, personne en dehors des tennis addicts britanniques ne connaissaient Emma Raducanu, une teenager ayant décidé de rester chez elle durant la crise sanitaire pour passer son bac. Quand elle est a émergé durant l’été, sans avoir joué le moindre tournoi pendant plus d’un an, ni gagné le moindre match de sa carrière sur le circuit WTA, Emma était 366e mondiale mais n’a pas tardé à faire comprendre qu’elle était capable de grandes choses, en atteignant les huitièmes de finale à Wimbledon à la surprise générale.

Ce qu’elle a fait ensuite à l’US Open, à cheval entre août et septembre 2021, relève du miracle : dix matches remportés consécutivement, sans perdre le moindre set, pour devenir la première qualifiée à remporter le titre à New York et par ailleurs la première joueuse britannique à décrocher un titre majeur depuis Virginia Wade à Wimbledon en 1977.

Avec désormais un Grand Chelem à son actif et une place dans le top 20 en fin de saison, le tout à 19 ans à peine, inutile de dire qu’Emma Raducanu sera très attendue en 2022…

  • Classement de Raducanu fin 2020 : 343
  • Classement de Raducanu fin 2021 : 19
  • Bilan victoires-défaites de l’année de Raducanu : 25-9
  • Titre : 1

MEILLEURE PERFORMANCE : LA FOLIE RADUCANU A L’US OPEN

Elle a surgi de nulle part pour décrocher son premier titre du Grand Chelem : pas besoin de réfléchir bien longtemps pour déterminer quelle a été la meilleure performance réussie par Emma Raducanu en 2021. Sa victoire 6-4, 6-3 sur Leylah Fernandez – une teenager comme elle – lors du match le plus important de sa vie, avec une pression assez incroyable sur le dos, a été une magistrale démonstration de sa capacité à gérer les grands événements.

Raducanu a été à la hauteur de la situation, rentrant dans la balle comme à l’accoutumée et suivant son plan de jeu à la lettre pour décrocher une victoire rondement menée, malgré une coupure au genou gauche qui a nécessité un temps mort médical alors qu’elle servait pour le match.

“Remporter un Grand Chelem a toujours été mon rêve, a-t-elle déclaré par la suite. En général, ce sont des choses que l’on dit mais entre le dire et le faire, ça n’est pas la même chose. Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai réellement gagné un Grand Chelem.”

MEILLEUR RÉSULTAT EN GRAND CHELEM : L’US OPEN, ENCORE…

Raducanu avait atteint sa première finale dans un tournoi WTA 125 la semaine précédent l’US Open, à Chicago, mais elle n’était encore que 150e mondiale lorsque le tournoi du Grand Chelem new-yorkais a débuté. Elle a donc dû remporter trois matchs en qualifications pour gagner sa place dans le tableau final. Elle l’a fait avec aplomb, sans perdre un set, ce qui en soi était déjà une surprise pour elle.

“Je ne m’attendais pas du tout à en être là, a-t-elle d’ailleurs déclaré durant sa quinzaine victorieuse. Pour tout dire, j’avais déjà réservé mes billets d’avion pour la fin des qualifications. C’est sympa d’avoir ce genre de problème.”

Ses billets, elle a dû les changer plusieurs fois au fur et à mesure que son rêve prenait corps, au fil de ses victoires contre Stefanie Voegele, Zhang Shuai, Sara Sarribes Tormo et Shelby Rogers, toutes balayées de son chemin vers les quarts de finale. A ce stade, Belinda Bencic, tout juste sacrée championne olympique, a été renvoyée aux vestiaires avec la même facilité. Puis Maria Sakkari, la beaucoup plus expérimentée (et très pugnace) joueuse grecque, n’a pas davantage pu stopper l’ouragan, ensevelie sous les coups gagnants.

La finale contre Leylah Fernandez, on l’a dit, a été peu ou prou du même acabit. Raducanu a surfé sur la crête de la vague pour créer l’histoire et rentrer dans les annales de l’US Open. “Un rêve absolu”, selon elle. Un conte de fées, même.

MEILLEUR MOMENT DE LA SAISON : SES GRANDS DÉBUTS À WIMBLEDON

Même si son titre à l’US Open écrase tout, Raducanu se souviendra toute sa vie sa première expérience à Wimbledon, la première fois aussi où le monde du tennis, dans son ensemble, a réellement entendu parler d’elle. Le sourire aux lèvres en permanence, semblant profiter de chaque seconde, la jeune Britannique a battu des joueuses chevronnées comme Marketa Vondrousova, ancienne finaliste de Roland-Garros en 2019, et Sorana Cirstea pour atteindre les huitièmes de finale.

A ce stade, elle a malheureusement été contrainte à l’abandon contre Ajla Tomljanovic en raison – on l’a appris plus tard – de difficultés respiratoires probablement elle-mêmes liées au stress, celui-ci l’ayant finalement rattrapée, puis submergée. Malgré toute son apparente insouciance, atteindre la deuxième semaine de Wimbledon quand on est Britannique et a fortiori aussi jeune, forcément, c’est quelque chose… Mais cette expérience a dû lui servir, incontestablement, quelques semaines plus tard à l’US Open.

D’un manière générale, à travers ces quatre matchs disputés dans le Temple du jeu, Emma a donné un sérieux aperçu du tennis audacieux, agressif et athlétique devenu sa marque de fabrique et qui la portée tout au long de sa glorieuse campagne new-yorkaise.

PIRE MOMENT DE SA SAISON : WIMBLEDON, UNE “DRÔLE” DE CRISE

Après son abandon contre Ajla Tomljanovic en huitièmes de finale à Wimbledon, Emma a dû recevoir des soins sans réellement être en mesure de mettre des mots sur ce qui lui arrivait. Les détails, elle souhaitait les garder pour elle-même. Mais elle a dû faire face ensuite aux critiques émanant notamment d’anciens joueurs mettant en doute sa force mentale nécessaire au plus haut niveau.

Tomljanovic a pris sa défense en déclarant : “Je ne peux pas m’imaginer être à sa place, jouer à 18 ans les huitièmes de finale d’un Grand Chelem dans son pays. J’ai certes vécu une expérience s’en rapprochant mais pas à ce point. Je sais que c’est quelque chose d’énorme. J’ai parlé à des athlètes qui sont passés par là. Ce n’est pas simple à gérer.”

Ces mots ont probablement aidé Raducanu qui, une fois rétablie, s’est directement envolée outre-Atlantique pour la tournée américaine. On sait comment ça s’est terminé à l’US Open.

RADUCANU : UNE STAR SUR LES RÉSEAUX

On peut attribuer le titre de meilleure progression de l’année à son compte instagram, qui comptait à peine 15 000 abonnés avant Wimbledon, et qui six mois plus tard a dépassé les deux millions !

Le riche background culturel de la jeune Britannique, qui a des origines chinoises par sa maman (et roumaines par son papa) et qui parle couramment le mandarin, mais aussi sa dynamisme et son fraîcheur ont été pour beaucoup dans cet immense élan de popularité.

SON AUTO-ÉVALUATION : “C’EST SURRÉALISTE”

A la suite de sa victoire à l’US Open, Raducanu a été extrêmement sollicitée, de défilés de mode en séances photo en passant par des demandes d’interviews à la pelle sans oublier les obligations pour les sponsors… Rapidement, certains se sont inquiétés qu’elle ne parvienne pas à trouver le bon équilibre entre le tennis et ces opérations extra-sportives. Finalement, ils n’avaient pas tellement à s’inquiéter.

Je voulais être bien sûre que le tennis était ma priorité et que c’était clair pour tout le monde

Emma Raducanu

“J’ai dit très, très clairement à toutes les personnes de mon équipe que je n’annulerai aucune séance d’entraînement tennis ou physique pour une obligation hors-court, a-t-elle déclaré. C’était non négociable pour moi car je voulais être bien sûre que le tennis était ma priorité, et que c’était clair pour tout le monde.”

“J’ai vraiment apprécié tout ce que j’ai pu faire depuis l’US Open. Mais cela appartient déjà au passé et je veux désormais regarder devant moi. Je ne veux pas trop perdre de tennis car j’ai beaucoup d’objectifs et de nouvelles choses à réaliser. Et ces objectifs sportifs sont mes seules aspirations.

Quand je repense au chemin parcouru, c’est assez surréaliste. J’avais juste besoin de savourer un peu car en début d’année, je n’aurais jamais cru tout cela possible. Donc en ce moment, je vis un peu dans le moment présent.”

NOTRE AVIS : LA PATIENCE SERA LA CLÉ

Dur de dire, en parlant d’une joueuse déjà sacrée en Grand Chelem, qu’elle a encore beaucoup à apprendre de la rigueur du circuit WTA. Son tennis est exceptionnel, sa force athlétique tout comme sa qualité de déplacement sont au top niveau, et elle ne pourra sûrement que progresser dans les années à venir.

Pour autant, il est totalement possible aussi que 2022 soit une année difficile pour elle, comme l’a été, d’ailleurs, sa fin de saison 2021. Partout où elle ira, ce sera comme une nouvelle expérience pour elle. Dans tous les tournois où elle jouera, semaine après semaine, elle affrontera des joueuses qui n’auront qu’une envie : lui faire la peau. La manière dont elle gèrera ce nouveau statut, les inévitables déceptions qui en découleront, cela sera la clé de ses progrès. Elle comme les médias devront faire preuve de patience.

Cela dit, elle a le jeu pour se hisser au sommet de son sport, ou pas loin. Elle en a aussi le tempérament, comme elle l’a montré à Wimbledon et plus encore à l’US Open. Si elle reste “fit”, si elle continue de s’imprégner de tout autour d’elle sur le circuit, elle vivra d’autres grands moments en 2022.

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