Bartoli : « Raducanu a cette croyance en elle qui manque aux jeunes françaises »

Lors du dernier épisode de Match Points, notre émission de débat, Marion Bartoli a analysé la victoire d’Emma Raducanu à l’US Open comme la conséquence d’une puissante croyance en elle, bâtie avec l’aide de la Fédération britannique et d’Andy Murray. Cette croyance manque aux jeunes joueuses françaises en arrivant sur le circuit, explique-t-elle.

Emma Raducanu

Elle est arrivée de nulle part, pour prendre toute la lumière. Dans l’ombre, totalement inconnue du grand public avant Wimbledon cette année, Emma Raducanu s’est imposée en nouvelle étoile du tennis deux mois et demi plus tard. Brillant de mille feux tout au long d’un US Open joué en patronne sans perdre la moindre manche, qualifications comprises, elle a fini avec le trophée dans les bras.

A 18 ans. Sans jamais donner l’impression de trembler ou de pouvoir s’éteindre. Une force due, notamment, au travail de la Fédération britannique de tennis, a expliqué Marion Bartoli dans le dernier épisode notre programme de débats Match Points.

« Je lisais récemment un article sur la LTA (fédération britannique, ndlr), et ils expliquaient combien Andy Murray a été précieux en servant de mentor à toute la jeune génération britannique, que ce soit pour les garçons ou les filles, comme avec Jack Draper (qui a pris un set à Novak Djokovic à Wimbledon) et Emma Raducanu », a relaté la Française dans le dernier épisode de Match Points, en anglais. « C’est grâce à ça, je pense, qu’elle se sentait totalement capable de rivaliser avec les meilleures. La croyance en elle dont elle a fait preuve sur le court était celle de quelqu’un qui se sentait à sa place. »

C’est ce dont on manque beaucoup dans le tennis féminin français

Marion Bartoli

« J’ai l’impression que c’est ce dont on manque beaucoup dans le tennis féminin français, par exemple », a poursuivi la gagnante de Wimbledon 2013. « Quand vous arrivez sur le circuit en sortant des juniors, vous avez de la sensation de manquer de cette croyance avant de pouvoir chahuter les meilleures. »

Sans citer de nom, Bartoli fait référence à la difficile transition junior-senior qui concerne par exemple Diane Parry et Clara Burel, numéro un mondiales juniors en 2018 et 2019. Emma Raducanu, elle, n’y a pas connu de résultat particulièrement époustouflant avant de débouler dans la cour des grandes tel un ouragan pour souffler le monde du tennis.

« Et cette fille (Emma Raducanu), dès qu’elle est apparue à Wimbledon sur le Court n° 1, j’ai eu la sensation qu’elle se sentait à sa place », a ajouté Marion Bartoli. « Même si elle avait zéro expérience à ce niveau, je n’ai rien vu dans son jeu pouvant laisser penser qu’elle allait s’effondrer. Pour moi, ça montre bien sûr beaucoup de confiance, mais aussi beaucoup de préparation. Particulièrement de la préparation mentale, pour s’imaginer qu’elle serait un jour dans cette situation. C’est probablement le long travail qu’a fait la LTA au fil des ans. »

A partir d’un certain stade, il ne s’agit plus de coup droit, revers, service ; il s’agit de croyance en soi et de mental

Marion Bartoli

« La LTA a permis à ses jeunes joueurs d’avoir accès à Andy (Murray) », a détaillé l’ancienne 7e joueuse mondiale. Disponible et enclin à faire progresser les promesses du pays, Murray a servi de « voix pour leur dire : ‘voilà ce que vous allez ressentir, voilà ce dont vous aurez besoin, voilà les outils qu’il vous faut.' »

Une aide précieuse, qui a permis de gagner du temps pour accompagner les talents. « C’est un boulot et une idée extraordinaires de la LTA », a estimé Marion Bartoli. « Parce qu’à partir d’un certain stade, il ne s’agit plus de coup droit, revers, service ; il s’agit de croyance en soi et de mental. Et dans ce domaine, Emma Raducanu a excellé. »

« A aucun moment je n’ai senti qu’elle aurait pu s’effondrer pendant ses matchs », a encore approfondi Marion Bartoli. « C’était incroyable à voir, sachant qu’elle n’avait aucun vécu à ce niveau. Elle n’a même encore jamais joué de WTA 1000 ou WTA 500. Elle est juste arrivée comme si le plus haut niveau était le sien. Son jeu et son déplacement mis de côté, elle a gagné l’US Open grâce à ça. C’était vraiment extraordinaire à voir. » Autant de raisons laissant penser qu’Emma Raducanu a tout pour s’installer dans la durée et ne pas être une comète de la WTA.

L’intégralité du débat entre Marion Bartoli, Carole Bouchard et Simon Cambers et à visionner sur tennismajors.com en anglais.

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