17 mai 2009 : Le jour où Federer a vaincu Nadal sur terre et lancé une saison historique

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 17 mai 2009, Roger Federer domine son grand rival Rafael Nadal en finale à Madrid. Une victoire fondatrice avant Roland-Garros.

17 mai 2021
Nadal-Federer On this day 17_5

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi ça a marqué l’histoire du tennis

Le 17 mai 2009, Roger Federer domine son grand rival Rafael Nadal sur terre battue pour la deuxième fois en douze rencontres, qui plus est à Madrid, sur les terres de Nadal, devant son public. Même si Nadal est épuisé après sa demi-finale de 4 heures contre Novak Djokovic disputée la veille, le résultat est significatif, à une semaine de Roland-Garros. C’est peut-être un signe qu’après des mois difficiles, les événements pouvaient tourner en la faveur de Federer dans sa quête du titre Porte d’Auteuil.

Les acteurs

  • Roger Federer, le début du déclin ?

En mai 2009, Roger Federer a 29 ans, et il traverse une période difficile. Il a dominé le tennis pendant les années 2004-2007, gagnant à peu près tout, à l’exception de Roland-Garros, le seul titre majeur après lequel il court encore. Rafael Nadal en est la principale raison : à trois reprises, il a buté sur lui en finale, en 2006, 2007 et 2008.

D’ailleurs, cette saison 2008 a été un tournant dans la carrière du Suisse. Tout d’abord, le jeune Novak Djokovic l’a battu en demi-finale de l’Open d’Australie (7-5, 6-3, 7-6), mais le pire était encore à venir. Son rival Rafael Nadal, après l’avoir démoli lors d’une douloureuse finale à Paris (6-3, 6-1, 6-0), a réussi à le mettre à terre en son jardin de Wimbledon, après cinq sets de combat acharné (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7).

L’Espagnol lui chipe alors le trône de numéro 1 mondial qu’il occupait depuis 237 semaines consécutives. Mais la situation allait encore s’aggraver pour lui à l’Open d’Australie 2009, où il s’incline à nouveau contre Nadal en cinq sets (7-5, 3-6, 7-6, 3-6, 6-2), et s’effondre en larmes lors de la remise des trophées.

Au mois de mai, Federer n’est pas seulement devenu le dauphin de l’Espagnol, mais il a également subi des défaites face à Novak Djokovic, Andy Murray et Stan Wawrinka. Pour la première fois depuis 2000, il n’a pas gagné le moindre tournoi lors des quatre premiers mois de la saison. Les journalistes commencent à parler de déclin.

  • Rafael Nadal, le roi de la terre devenu le patron du circuit

Rafael Nadal n’a que 22 ans, mais son palmarès lui assure déjà une place de choix dans l’histoire du tennis. Il est à ce jour invaincu à Roland-Garros : depuis sa première apparition, en 2005, il s’est imposé à chacune de ses quatre participations. Personne n’a même réussi à le pousser à y disputer un cinquième set.

De plus, alors qu’il semblait déjà imbattable sur terre, lui qui n’a perdu que deux matches depuis sa défaite contre Igor Andreev à Valence en 2005, il a fait évoluer son jeu pour remporter trois des quatre derniers Grands Chelems sur trois surfaces différentes.

Il est devenu premier mondial le 18 août 2008, et personne ne semble en mesure d’empêcher sa domination, alors qu’il a déjà accumulé cinq titres en 2009, parmi lesquels l’Open d’Australie mais aussi trois Masters 1000 (Indian Wells, Monte-Carlo, Rome). Il semble parti pour s’adjuger sans problème un cinquième titre consécutif à Roland-Garros. 

Le lieu : La Caja Magica de Madrid

La ville de Madrid accueille un Masters 1000 depuis 2002. Cependant, jusqu’en 2008, le tournoi avait lieu en salle au mois d’octobre, à la Madrid Arena. En 2009, le calendrier ATP a subi des changements et l’Open de Madrid se déroule à présent au printemps, à la place du tournoi de Hambourg.

Madrid, Caja Magica
Antoine Couvercelle / Panoramic

Il se disputera désormais sur terre battue, à la Caja Magica, un complexe bâti spécialement à cet effet, doté de trois courts pourvus de toits rétractables. Le stade se trouve à 700 mètres d’altitude, ce qui a pour conséquence de rendre les balles plus rapides et plus vives au rebond, donc plus difficiles à contrôler.

L’histoire : Nadal à bout de forces, Federer en a profité

Le 17 mai 2009, le public espagnol s’apprête à assister à la vingtième rencontre entre Roger Federer et Rafael Nadal, le duo qui domine le circuit depuis 2005.

A ce jour, Nadal mène 13-6 dans leurs confrontations, mais il mène 9-1 sur terre battue, et a déjà brisé le rêve parisien de Federer à quatre reprises. Il a de plus remporté leurs cinq derniers affrontements, y compris sur le gazon de Wimbledon et les courts en dur australiens. Federer n’a pas gagné contre son rival depuis le Masters 2007, 17 mois auparavant. 

En temps normal, Nadal aurait évidemment été largement favori, mais la donne a quelque peu a changé. La veille, en demi-finales, Rafa a passé quatre heures et deux minutes sur le court pour venir à bout de Novak Djokovic (3-6, 7-6, 7-6).

C’est alors le match en deux sets gagnants le plus long jamais disputé, et Nadal s’est imposé 11-9 au tie-break du dernier set, non sans avoir écarté trois balles de match. Il a également fait appel au kiné, en raison de douleurs au genou.

A-t-il suffisamment récupéré pour prétendre battre Federer ? Il y était parvenu à l’Open d’Australie, où il s’était remis d’un marathon de cinq heures contre Fernando Verdasco avant de dominer le Suisse en finale, en cinq manches.

Profitant des conditions de jeu rapides, Federer joue tout de suite de manière très agressive pour prendre Nadal à la gorge. Il l’agresse sur son revers et monte au filet plus souvent qu’il n’ose le faire d’habitude sur terre battue. De son côté, Nadal ne se déplace pas aussi vite que de coutume et, malgré quelques passings shots décochés à sa façon, il concède la première manche 6-4.

Au deuxième set, Federer ne relâche pas son étreinte et, bien que « Rafa » essaie de tenir le score, « Roger » réalise le break à 2-2 et ne laisse aucune chance à son adversaire de renverser la vapeur. Après une heure et vingt minutes de tennis offensif, produisant pas moins de 25 coups gagnants, Federer remporte à la fois son premier titre de la saison et sa deuxième victoire sur terre contre l’Espagnol.

En conférence de presse, après avoir éludé les questions au sujet de son genou, Nadal ne cherche pas d’excuses et met en avant la performance de Roger Federer.

La postérité du moment

La suite des événements fait partie de l’histoire. Cette année-là, l’impossible finira par se produire : Rafael Nadal sera vaincu en huitièmes de finale de Roland-Garros (6-2 6-7 6-4 7-6), par Robin Soderling, qu’il avait pourtant corrigé 6-1 6-0 deux semaines auparavant à Rome !

Bien que cela semble une grande nouvelle pour Roger Federer, cela lui ajoutera aussi une certaine pression, le monde entier s’attendant à le voir triompher. Le lendemain de l’élimination de Nadal, Federer remontera un handicap de deux manches pour écarter Tommy Haas (6-7, 5-7, 6-4, 6-0, 6-2). Après une demi-finale à suspense contre Juan Martin del Potro (3-6, 7-6, 2-6, 6-1, 6-4), Federer vaincra Robin Soderling en trois sets (6-1, 7-6, 6-4) pour enfin soulever ce trophée dont il avait si longtemps rêvé.

De son côté, Nadal, gêné par des problèmes au genou, ne pourra pas défendre son titre à Wimbledon. Federer en profitera pour remporter le tournoi à nouveau et récupérer sa place au sommet du classement pour 48 semaines supplémentaires. Sa saison 2009, qui avait si mal commencé pour lui, deviendra finalement une année mémorable.

Federer ne battra plus jamais Nadal sur terre battue, le score dans leur tête-à-tête sur cette surface étant aujourd’hui de 14-2, tandis que l’Espagnol domine l’ensemble de leur rivalité par vingt-quatre victoires à seize.

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