21 septembre 2003 : Le jour où Ferrero, numéro 1 mondial, a sombré contre Calleri en Coupe Davis

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 21 septembre 2003, Juan Carlos Ferrero, alors numéro un mondial, passe à côté de son simple de Coupe Davis contre l’Argentin Agustin Calleri, en état de grâce.

21 septembre 2021
Calleri OTD

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi cela a marqué l’histoire du tennis

Le 21 septembre 2003, en demi-finale de la Coupe Davis, Agustin Calleri, qui n’était même pas censé jouer en simple, livre un match parfait pour assommer le numéro 1 mondial, Juan Carlos Ferrero, en trois sets (6-4, 7-5, 6-1). Pour réaliser cet exploit, l’Argentin assène à son adversaire le nombre incroyable de 109 coups gagnants. Cette victoire inattendue ramène le score de la rencontre entre l’Espagne et l’Argentine à 2-2. Même si son coéquipier Gaston Gaudio s’incline face à Carlos Moya lors du match décisif (6-1, 6-4, 6-2), cette magnifique performance restera, d’après Calleri lui-même, le plus grand moment de sa carrière.

Les acteurs

  • Juan Carlos Ferrero, jeune roi

Juan Carlos Ferrero , “El Mosquito”, est né en 1980. Finaliste malheureux face à Fernando Gonzalez à Roland-Garros juniors en 1998, il grimpe les échelons du classement ATP à vitesse grand V, terminant sa première vraie saison chez les pros, 1999, à la 43e place mondiale. Cette même année, il remporte son premier titre, à Majorque, aux dépens d’Alex Corretja (2-6, 7-5, 6-3). En 2000, il parvient en demi-finales de Roland-Garros (battu par Gustavo Kuerten, 7-5, 4-6, 2-6, 6-4, 6-3) et joue un rôle décisif dans la victoire de l’Espagne en Coupe Davis en battant Patrick Rafter et Lleyton Hewitt lors de la finale.

En 2001, il remporte son premier Masters 1000, à Rome, venant à bout de Kuerten en finale (3-6, 6-1, 2-6, 6-4, 6-2), mais le Brésilien le stoppe à nouveau en demi-finales de Roland-Garros. En 2002, Ferrero se qualifie pour la finale des Internationaux de France, mais il s’incline à la surprise générale contre son compatriote Albert Costa (6-1, 6-0, 4-6, 6-3). 2003 est l’année de la consécration : après un nouveau titre en Masters 1000 à Monte-Carlo, il s’impose enfin à Roland-Garros, face à Martin Verkerk (6-1, 6-3, 6-2). Quelques mois plus tard, il parvient en finale de l’US Open, battu par Andy Roddick (6-3, 7-6, 6-3), et ce résultat fait de lui le nouveau numéro 1 mondial.

  • Agustin Calleri, à son meilleur

L’Argentin Agustin Calleri est né en 1976. Il intègre le Top 100 en 2000, après avoir atteint le troisième tour à Roland-Garros (battu par Andreï Medvedev, 6-3, 3-6, 6-4, 6-3). En 2002, il atteint sa première finale à Buenos Aires (perdue face à Nicolas Massu, 2-6, 7-6, 6-2), et il termine l’année dans le Top 50 pour la première fois. En 2003, il remporte son premier tournoi, à Acapulco, aux dépens de son compatriote Mariano Zabaleta (7-5, 3-6, 6-3). De plus, il se hisse également en finale à Estoril (battu par Nikolay Davydenko, 6-4, 6-3), et au Masters 1000 de Hambourg (vaincu par Guillermo Coria, 6-3, 6-4, 6-4). Avec ces excellents résultats, il atteint la 16e place mondiale, son meilleur classement, au mois de juillet.

Le lieu : Malaga, en Espagne

La demi-finale de Coupe Davis entre l’Espagne et l’Argentine se déroule à Malaga, au sud de l’Espagne, en septembre 2003. Le stade, le Palacio de Deportes José Maria Martin Carpena, a été inauguré en 1999 et dispose d’une capacité de 11 000 places. Sa destination première est d’accueillir l’équipe de basket-ball locale, l’Unicaja.

L’histoire : Ferrero impuissant, Calleri sur un nuage

L’équipe d’Espagne part largement favorite de cette demi-finale de la Coupe Davis 2003 contre l’Argentine avec, dans ses rangs, pas moins de trois joueurs ayant gagné Roland-Garros : Juan Carlos Ferrero (numéro 1 mondial), Carlos Moya (6e mondial) et Albert Costa (22e mondial). Même leur quatrième joueur, Alex Corretja, a disputé deux finales à Paris, et bien qu’il soit à présent sorti du Top 100, il a été 2e mondial en 1999. Au sein de l’équipe argentine, les deux joueurs phares sont absents (Guillermo Coria, 3e mondial, et David Nalbandian, 9e), et c’est donc à Agustin Calleri (16e mondial), Mariano Zabaleta (24e) et Gaston Gaudio (32e) de s’attaquer à l’armada espagnole.

Le premier jour, tout se passe bien pour l’équipe qui reçoit. Ferrero écrase Gaudio lors du match d’ouverture (6-4, 6-0, 6-0), et Moya remonte un handicap de deux manches à zéro pour dominer Zabaleta (5-7, 2-6, 6-2, 6-0, 6-1). 

Calleri et son partenaire de double Lucas Arnold Ker redonnent un peu d’espoir à leur équipe en battant Costa et Corretja, 6-3, 1-6, 6-4, 6-2. L’Espagne mène toujours 2-1.

Le dimanche 21 septembre, c’est Calleri que l’on envoie affronter le numéro 1 mondial pour tenter de maintenir son équipe en vie. A cette époque, Ferrero est considéré comme le meilleur joueur du monde sur terre battue : depuis l’an 2000, il y a gagné 111 matches pour seulement 25 défaites, remportant au passage ses trois Masters 1000 sur ocre, et affiche un ratio victoires-défaites de 23-3 à Roland-Garros, dont il est le tenant du titre. Pour Calleri, qui n’a jamais dépassé le troisième tour d’un tournoi majeur, et dont le meilleur résultat est une finale au Masters 1000 de Hambourg, la tâche semble presque impossible. C’est à peine si l’on pense l’Argentin capable de pousser Ferrero dans ses retranchements.

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