20 février 1994 : Le jour où Navratilova a remporté à Paris son 167e et dernier titre en simples

C’est à Paris, le 20 février 1994, que Martina Navratilova a remporté son 167e et dernier titre sur le circuit principal en simples. Elle avait battue Julie Halard en finale de l’Open Gaz de France.

Martina Navratilova

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Le 167e et dernier titre de Navratilova

Le 20 février 1994, à Paris, Martina Navratilova remporte le 167e tournoi de son incroyable carrière. En finale du tournoi de Coubertin, la championne, âgée de 37 ans, domine Julie Halard (7-5, 6-3), avec le soutien du public, bien que son adversaire soit française. L’ancienne N.1 mondiale avait déjà annoncé que 1994 serait sa dernière année sur le circuit.

Les personnages : L’inusable Navratilova face à une nouvelle venue dans le Top 20

Martina Navratilova, née en 1956 en Tchécoslovaquie, est selon Billie Jean King « la plus grande joueuse de simple, de double et de double mixte ayant jamais vécu ». Depuis le début de l’ère Open en 1968, aucun joueur, hommes et femmes confondus, n’a gagné plus de tournois que Navratilova en simple (167) ni en doubles (177), et personne n’a gagné plus de matches qu’elle (2189). Gauchère, elle pratique le service-volée mieux que quiconque auparavant. D’après sa rivale Chris Evert, elle a révolutionné la condition physique dans le tennis féminin, apportant notamment l’idée de pratiquer d’autres sports, tel le basket-ball, pour s’entraîner physiquement.

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Navratilova a gagné un total de 18 tournois du Grand Chelem en simple, avec un record de 9 titres à Wimbledon, dont 6 gagnés consécutivement entre 1982 et 1987. En 1994, elle a déjà accumulé 31 titres majeurs en double et 7 en double mixte. Il ne lui manque alors que la couronne du double mixte à l’Open d’Australie pour boucler le « Grand Chelem total », qui consiste à remporter les quatre tournois du Grand Chelem, à la fois en simple, en double et en double mixte. Elle détient également un record de six tournois du Grand Chelem gagnés à la suite, entre Wimbledon 1983 et l’US Open 1984 (l’Open d’Australie se jouait alors en décembre), et a occupé la première place mondiale pendant 322 semaines, ce qui, en 1994, est encore un record. En février 1994, elle est encore 3e mondiale.

Julie Halard, née en 1970, devient professionnelle en 1986. Elle entre pour la première fois dans le top 100 en 1987, après avoir disputé sa première finale à Athènes (défaite par Katerina Maleeva, 6-1, 6-0). En 1991, elle remporte son premier titre, à Porto Rico, en battant Amanda Coetzer en finale (7-5, 7-5), et elle atteint son meilleur classement de fin d’année, 20e mondiale. Elle obtient son meilleur résultat en Grand Chelem à l’Open d’Australie 1993, en ne s’inclinant qu’en quarts de finale face à Monica Seles (6-2, 6-7, 6-0).

Julie Halard, Roland-Garros, 2000

Le lieu : L’Open Gaz de France, à Coubertin

L’Open Indoor de Paris, connu à l’époque sous le nom d’Open Gaz de France, a été créé en 1993, en remplacement de l’Open Clarins, qui s’est tenu à Paris de 1987 à 1992. L’événement se déroule au Stade Pierre de Coubertin, situé à l’ouest de Paris. La première édition a été remportée par Martina Navratilova, aux dépens de la N.1 mondiale, Monica Seles, en finale (6-3, 4-6, 7-6).

Pierre de Coubertin Stadium, Gaz de France Open

L’histoire :

Lors de la deuxième édition de l’Open Gaz de France, non seulement Martina Navratilova est la championne en titre, mais elle dispute également le deuxième tournoi de sa tournée d’adieux. La nonuple championne de Wimbledon a déjà annoncé qu’elle prendrait sa retraite à la fin 1994, et son premier tournoi de l’année, à Chicago, a été un tel désastre qu’elle a quitté les lieux sans assister à une cérémonie d’adieu organisée en son honneur.

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À Paris, Navratilova maîtrise mieux ses nerfs. À part un set perdu en quart de finale contre Sabine Appelmans (6-4, 3-6, 6-3), elle parvient en finale assez facilement. Elle y affronte une joueuse locale inattendue, Julie Halard, 40e mondiale, qui n’avait jamais atteint la finale d’un tournoi aussi important.

« C’est la première fois que j’atteins la finale d’un tournoi aussi important. Je vais essayer de ne pas me décourager si je rate un ou deux points comme par le passé », déclare la Française.

Le public parisien, malgré la présence d’une joueuse française sur le court, acclame Navratilova. Halard, qui n’a pas gagné un seul set lors de ses trois précédentes rencontres avec la légende gauchère, prend l’avantage et sert pour le set à 5-4. Mais elle s’incline à nouveau en deux sets, 7-5, 6-3.

« J’ai ressenti beaucoup de pression, avoue Halard. Je n’ai pas réussi un seul passing. »

Navratilova, qui avait remporté son premier tournoi à Orlando en 1974, a maintenant remporté au moins un tournoi pendant 21 saisons consécutives. Après la déception qu’elle avait connue à Chicago, elle a montré qu’il fallait toujours compter sur elle lors de cette ultime saison.

La postérité du moment : Le début d’une belle saison d’adieux

Le plus grand moment de la saison d’adieux de Navratilova sera Wimbledon, où elle atteindra la finale, battue par Conchita Martinez en trois sets, 6-4, 4-6, 6-3. Cette fois, elle partagera bien plus avec le public et recevra l’ovation méritée après neuf titres remportés au All England Club.

En 2000, Navratilova reviendra sur le circuit, principalement en double. A l’Open d’Australie 2003, en s’imposant en double mixte, associée à Leander Paes, elle complètera à 46 ans son « Grand Chelem total ». Personne, hommes et femmes confondus, n’avait encore triomphé en Grand Chelem à un âge aussi avancé. En 2004, elle recevra une invitation controversée dans le tableau de simples à Wimbledon. Agée de 47 ans, elle passera néanmoins le premier tour, écartant la 102e mondiale Catalina Castano, 6-0, 6-2, avant de perdre contre Gisela Dulko, 59e mondiale, 3-6, 6-3, 6-3. En 2006, à quelques semaines de son 50e anniversaire, elle gagnera le double mixte à l’US Open, associée à Bob Bryan, et sur cette dernière victoire, mettra un terme définitif à sa carrière.

Martina Navratilova, US Open, 2006

Julie Halard montera jusqu’à la septième place mondiale, en 2000, sa dernière année sur le circuit. Elle triomphera à l’Open Gaz de France en 1996, en battant la future vainqueur de Roland-Garros, Iva Majoli, en finale (7-5, 7-6). À la fin de sa carrière, elle aura atteint à trois reprises les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem, et elle comptera 12 titres à son palmarès.

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