Efremova : « Je veux aller loin, montrer à tout le monde que j’en suis capable »
À 17 ans, la vainqueure de l’Open d’Australie juniors entame son premier Grand Chelem senior à Roland-Garros face à Sorana Cîrstea.
Ksenia Efremova, Paris 2026 | © Zuma / PsNewz
On en voit déjà qui vont hurler à la folie. Voire se demander comment il est possible d’être aussi spontanée et inconsciente face aux micros. Ksenia Efremova, 17 ans et classée au-delà de la 600e place mondiale à la WTA, a affirmé samedi vouloir faire un parcours à la Loïs Boisson en ce Roland-Garros 2026, un an après la demi-finale de la joueuse française. Pour son premier Grand Chelem. Son premier grand tableau sur le circuit féminin.
Pourtant, on peut vous l’affirmer après avoir eu des échanges aux mieux tiédasses ces derniers jours avec Rafael Jódar ou João Fonseca notamment, tellement enfoncés dans leurs éléments de langage qu’ils en oublient de répondre aux questions : on préfère cent fois la spontanéité et l’ambition débridée de Ksenia Efremova. Si la Française se rapproche du potentiel de championne qu’elle dégage depuis les premières vidéos qui ont circulé sur elle au début de la décennie, elle fera un bien fou dans le paysage.
Jouer à Roland-Garros, c’est chez moi, en France. Je vais essayer de faire comme Loïs Boisson l’année dernière.
Quand on lui a demandé ce que serait un bon Roland-Garros, elle nous a exactement répondu : « Faire le mieux possible et, bien sûr, gagner des matchs. Moi, franchement, je veux vraiment aller loin, montrer à tout le monde que je suis vraiment capable de le faire, et à moi-même aussi, afin de pouvoir me dire que je suis sûre de moi. Je suis en pleine confiance, et je peux le faire. En plus, jouer à Roland-Garros, c’est chez moi, en France. Je vais essayer de faire comme Loïs Boisson l’année dernière – ce n’était pas mal franchement. Mais je vise faire des bons matchs, juste bien jouer. »
Déjà, passer le premier tour contre la Roumaine Sorana Cîrstea serait une performance hallucinante, sur ce court Suzanne-Lenglen qu’elle connaît si bien pour s’y être entraînée beaucoup ces derniers jours, en raison de la pluie qui s’est abattue sur Paris. Sa saison 2026 s’est jouée en accéléré, et avec un sacré trou qui ne l’empêche pas de se présenter en pleine confiance.
Sacrée à l’Open d’Australie juniors le 1er février – deuxième Française de l’histoire à le faire, première Tricolore à gagner un majeur junior depuis Elsa Jacquemot à Roland-Garros en 2020 –, Efremova devait reprendre quinze jours plus tard au WTA 125 des Sables-d’Olonne sur invitation de Jo-Wilfried Tsonga. Elle s’est blessée au dos à l’échauffement et a déclaré forfait trente minutes avant son match contre Mona Barthel. Deux mois et demi sans compétition ont suivi.
Quatre matches au niveau Top 100
Reprise en avril aux qualifications de Madrid, où elle a battu Lulu Sun (6-4, 7-5) avant de tomber contre la 84e mondiale Alycia Parks (1-6, 6-7(4)). Puis Saint-Malo (défaite au premier tour contre Moyuka Uchijima, future vainqueure du tournoi, mais un set arraché : 4-6, 6-3, 3-6), le Trophée Clarins à Paris (défaite contre Tamara Korpatsch), et Strasbourg cette semaine (défaite au premier tour des qualifs contre Oleksandra Oliynykova, 66e mondiale).
Quatre mois entre le Grand Chelem junior et le Grand Chelem senior. Efremova a affronté quatre joueuses du Top 100 dans sa carrière, pour quarte défaites. Mais Ksenia, née en Russie et naturalisée française en 2023, quatre ans après son arrivée à la Mouratoglou Academy, croit en elle. Et ce n’est pas au matin de son premier Grand Chelem qu’elle va cesser de l’affirmer.
Interrogée sur ses partenaires d’entraînement, qui appartiennent désormais à ce fameux Top 100, elle ne peut pas s’empêcher de lâcher : « J’adore faire des matchs d’entraînement. J’adore gagner, surtout. » Au Media Day samedi, entre radio et télé aux côtés de son agent qui ne rate rien de cette progression qu’il couve depuis six ans, elle se comporte comme si elle avait toujours fait ça. « J’adore toutes les surfaces. J’adore la terre, le dur, même le gazon. Franchement, je n’ai pas de préférence, je m’adapte très vite. Voilà. »
L’année dernière au premier tour des qualifications, le niveau de pression, c’était une blague.
Ksenia Efremova a gagné en notoriété en janvier dernier en remportant l’Open d’Australie juniors. Mais ce n’est déjà plus son univers. « C’est bien de gagner un Grand Chelem junior, mais moi je vise un peu plus haut que ça. Gagner un Grand Chelem junior ne fait pas de toi une joueuse « wahou » auprès des partenaires d’entraînement. »
Sur la gestion du stress et des émotions, Efremova assure qu’un premier Roland-Garros est un non-sujet. « Quand on joue au tennis, il y a toujours de la tension. Dès le moment où tu rentres dans cette atmosphère de pression, tu sais que ça va être ça pendant toute ta carrière. Donc franchement, ce n’est pas quelque chose de nouveau. Le tableau principal de Roland-Garros, c’est juste une autre expérience. Mais c’est vrai que l’année dernière au premier tour des qualifications, le niveau de pression, c’était une blague. J’ai perdu et ce n’était pas beau du tout, je pouvais gagner, disons. Mais ce n’est pas grave, on apprend et on continue. Je n’en suis pas morte. »