17 ans et Cilic à la trappe : Kouamé devient le plus jeune joueur au deuxième tour de Roland-Garros depuis 1991
Moïse Kouamé a créé la sensation ce mardi en terrassant l’ancien vainqueur de l’US Open, Marin Cilic, en trois manches (7-6 [4], 6-2, 6-1). Grâce à cette victoire historique, le jeune Français se qualifie pour le deuxième tour de Roland-Garros, où il affrontera le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo.
Moïse Kouamé – Roland-Garros 2026 © Baptiste Autissier / Psnewz
Bénéficiaire d’une invitation pour le premier tableau principal de sa jeune carrière, Moïse Kouamé n’a pas seulement battu un monument du tennis de 37 ans sur le court Simonne-Mathieu ; il a littéralement dépoussiéré les livres d’histoire du tournoi.
Originaire de Sarcelles et co-entraîné par Richard Gasquet, l’adolescent est devenu le tout premier joueur né en 2008 (ou après) à disputer un match de Grand Chelem. Plus précoce encore, il est le plus jeune joueur à se hisser au deuxième tour de la Porte d’Auteuil depuis le Roumain Dinu Pescariu en 1991.
Dans l’histoire du tennis tricolore de l’ère Open, seul Thierry Tulasne avait fait mieux en s’imposant à 16 ans en 1980 face à Jean-Marc Boileau en 1980.
La domination de Kouamé
Pourtant, sur le papier, la marche semblait immense. Face à lui se dressait Marin Cilic, actuel 46e mondial, sacré à New York en 2014 et encore demi-finaliste à Paris en 2022. La première manche a d’ailleurs respecté la logique des classements jusqu’au jeu décisif. C’est à ce moment précis que Kouamé a pris les commandes du match. En empochant le tie-break (7-4), le Français a définitivement fait basculer la rencontre, ne laissant plus le moindre espoir au géant croate.
Dès lors, la domination du Parisien a été totale. Impressionnant de maturité, le joueur de 17 ans a écarté les sept balles de break qu’il a eues à défendre, tout en convertissant quatre de ses sept occasions sur le service adverse. Il s’est même payé le luxe de dominer l’ancien vainqueur de Majeur dans son propre domaine, signant 6 aces contre 4 pour Cilic, et affichant une efficacité redoutable derrière sa première (70 % de points gagnés) comme sa seconde balle (69 %).

Impérial au service dans le premier set, Cilic a vu son jeu totalement s’effondrer par la suite, plombé par 44 fautes directes contre seulement 29 pour le Français, avant de concéder huit des dix derniers points du match, mais aussi par des douleurs en haut du dos. Il a fait appel au médecin alors qu’il était mené 2-1 dans le dernier acte.
20 ans d’écart
Il s’agit seulement de la deuxième victoire de Kouamé sur le circuit principal, sa toute première sur ocre et face à un membre du top 50. Son premier coup d’éclat avait eu lieu plus tôt cette saison au Masters 1000 de Miami contre l’Américain Zachary Svajda. Un nom que l’on retrouve d’ailleurs dans les statistiques de précocité : les 20 ans et 5 mois d’écart entre Kouamé et Cilic représentent le deuxième différentiel d’âge le plus élevé dans un match de Grand Chelem au XXIe siècle, juste derrière le duel de 2019 à l’US Open entre le même Svajda (16 ans) et Paolo Lorenzi (37 ans).
Désormais projeté sous le feu des projecteurs et au cœur de toutes les attentions médiatiques du tournoi, le phénomène de Sarcelles défiera le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 77e mondial, qui dispute lui aussi son premier tableau final en Grand Chelem.