« C’est ma référence » : Cobolli se confie avant de défier Zverev en finale de Roland-Garros

L’Italien décrit Alexander Zverev comme son « point de repère absolu » et un ami proche. Pourtant, les deux hommes s’apprêtent à s’affronter en finale de Roland-Garros. Récit d’une amitié singulière qui va devoir occulter, le temps d’un match, l’intensité d’une finale majeure.

Alexander Zverev and Flavio Cobolli, Munich 2026 | © Steffie Wunderl/DPA/SIPA

Invité à décrire sa relation avec Alexander Zverev à deux jours de la finale de Roland-Garros, Flavio Cobolli n’a pas utilisé le mot « rival ». Il a plutôt évoqué une forme d’amitié, presque une relation de grand frère.

« C’est mon point de repère absolu parmi les cadors du circuit, mis à part Jannik (Sinner) et Carlos (Alcaraz), évidemment », a expliqué l’Italien au sujet de l’Allemand. « Avec lui, je peux parler à cœur ouvert. Il m’aide énormément dans les moments où il sent que j’en ai besoin. »

Cette complicité dépasse de loin le cadre feutré des terrains d’entraînement. « On parle aussi de bêtises, pas seulement de choses sérieuses. Le courant est vraiment tout de suite passé entre nous. » Preuve de cette proximité : le jour des demi-finales, le frère de Zverev a offert à Cobolli un maillot de football de Harry Kane.

Face-à-face

Zverev confirme cette complicité et en rappelle l’origine : la Laver Cup, et une première rencontre avec le père de Cobolli. « Parfois, dans les moments plus compliqués, son père venait me voir », raconte l’Allemand. « Il me posait des questions, en posait aussi à mon père, sur le tennis ou sur d’autres sujets, et j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à échanger avec lui. C’est là que tout a commencé. Avec certaines personnes, le lien se crée naturellement et dure dans le temps. » Au sujet de Flavio lui-même, Zverev ajoute : « C’est un gars super, il a un bon fond et il est extrêmement drôle quand on le connaît. Ce sont deux personnes formidables. »

Le verdict des chiffres est en revanche un peu moins sentimental. Zverev mène 3-1 dans leurs confrontations directes et a remporté les duels les plus marquants : un premier tour à Roland-Garros en 2025, sur cette même terre battue, ainsi qu’un quart de finale expéditif à Madrid ce printemps (6-1, 6-4). La seule victoire de Cobolli remonte aux demi-finales de Munich cette saison (6-3, 6-3). Dimanche, le maître et l’élève se retrouveront sur la plus grande scène de leur histoire commune.

Il m’a dit qu’on était amis, donc j’imagine que ça veut dire que je devrais lui laisser le match

Les deux joueurs abordent ce paradoxe avec la même philosophie. « Cela ne change rien au fait que nous serons adversaires dimanche », prévient Cobolli. « Il y a un immense respect en dehors du court, mais c’est précisément pour cela que nous allons nous livrer une bataille sans merci sur le terrain. » Pour Zverev, partager une telle affiche avec un ami est un privilège, pas un problème : « C’est un plaisir de vivre ça ensemble. Bien sûr, on essaiera chacun de battre l’autre, mais c’est le jeu. »

Le plus dur pour Cobolli reste de faire abstraction de ce qu’il sait : Zverev, sans doute le meilleur joueur de sa génération à n’avoir jamais soulevé de Grand Chelem, court après ce sacre plus que tout au monde. « Il m’a toujours confié qu’il voulait gagner un Majeur à tout prix », glisse Cobolli. « Il m’a dit qu’on était amis, donc j’imagine que ça veut dire que je devrais lui laisser le match. » Un sourire aux lèvres face à cette idée impossible, l’Italien conclut : « Ça n’arrivera pas. Pendant deux jours, il faut savoir débrancher le cerveau et ne penser qu’à soi. »

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