Rogers : “Je n’oublierai jamais ce moment”

Shelby Rogers a réalisé le retour de la saison en éliminant la numéro 1 mondiale Ashleigh Barty, samedi soir, au troisième tour de l’US Open. « Je suis sous le coup de l’émotion », explique-t-elle.

Shelby Rogers - US Open

Shelby Rogers est revenue de loin. A 5-2 dans l’ultime manche, l’affaire était presque pliée. Ashleigh Barty était a deux points de la victoire. Et puis la numéro 1 mondiale s’est écroulée. Rogers a breaké une première fois, poussée par son public, puis une deuxième, en profitant des erreurs de l’Australienne (39 fautes directes au total). L’Américaine s’est finalement imposée au tie-break (6-2, 1-6, 7-6). Après cinq défaites en cinq confrontations contre Barty, Rogers a battu la n°1 pour la première fois.

Rogers : « La foule a été dingue cette semaine, je suis presque devenue sourde »

« Je devrais la remercier pour m’avoir appris beaucoup de choses, a lancé Rogers en conférence de presse. Je tiens un journal, avec des notes sur certains joueurs, avec des recherches, des choses comme cela. La moitié des mes notes portent sur Ashleigh ! »

A 28 ans, la 43e mondiale revient de loin depuis son quart de finale à Roland-Garros, en 2016. Opérée du genou gauche en 2018, Rogers a dû passer par une longue période de rééducation depuis cette blessure. 

« A 5-2 (dans le dernier set), avec deux breaks de retard, ça ne sentait pas bon, a-t-elle soufflé. C’était vraiment mal engagé. Je me suis dis ”Bon, essaye, on verra, ça va repartir !” Elle a encore marqué quelques points, et puis je me suis dis ”Essayons de passer à autre chose, de renvoyer quelques balles, tirons de la force dans les encouragements du public.” La foule a été dingue cette semaine. Je suis presque devenue sourde ! Devant tout ce monde, je me suis dis ”Si je perds, au moins, je donne tout jusqu’au bout.” Et puis, quelque chose a fonctionné. Point après point, je me suis refaite. J’ai retrouvé un peu mon service. Il y a eu, ensuite, des balles neuves dans le troisième set. A partir de là, c’était parti. Je n’ai pas pensé à la situation dans laquelle j’étais, avant, à 5-2 . Je me suis juste bougé les fesses ! Je ne sais pas, parfois, ce genre de choses arrivent. »

Rogers : « Je me suis dis que je ne voulais pas perdre de la même manière dont j’ai perdu les cinq derniers matchs contre elle »

Rogers n’est pas la seule a avoir réalisé un exploit cette semaine. La nuit précédente, Leylah Fernandez avait déjà réalisé un improbable retour contre Naomi Osaka, avant de faire chuter la tenante du titre (5-7, 7-6, 6-4). 

« Je suis sous le coup de l’émotion, a décrit Rogers après la rencontre. Mon rythme cardiaque est encore très élevé. Je suis vraiment en extase après cette victoire. En arrivant sur le court, je me suis dis que je ne voulais pas perdre de la même manière dont j’ai perdu les cinq derniers matchs contre elle. J’ai essayé de faire les choses un peu différemment. Dans le premier set, j’ai tenté quelques balles hautes. J’ai été très patiente avec son slice, parce qu’elle n’en manque pas souvent. Dans le deuxième et le dernier set, elle a clairement élevé son niveau de jeu, comme souvent. Je veux dire, elle est numéro 1 mondiale pour une raison. J’ai commencé à vouloir frapper la balle un peu plus fort, pour trouver quelques coups gagnants. C’est ce qu’elle voulait que je fasse. Elle attendait que je commette une erreur. Je suis vraiment fière de moi, ce soir (samedi soir), d’avoir su rectifier cela, en tentant des choses avec lesquelles je ne suis pas forcément à l’aise. Comme frapper des balles hautes. J’étais revenue au temps des jeunes catégories, dans mon style de défense. Ça a fonctionné. »

Rogers a toujours montré un esprit compétitif bien à part sur le circuit. Et samedi, la fièvre est montée rapidement d’un cran dans les tribunes, aidée par le scénario du match. « Je suis heureuse de ne pas m’être entendue respirer à plein poumons, comme ce fut le cas l’année dernière à cause des stades vides et du silence. Mon dieu, c’était vraiment spécial aujourd’hui. J’ai eu des frissons sur le court, je n’oublierai jamais ce moment. »

Rogers : « Quand il se passe quelque chose comme ça, vous aimez plus que jamais votre sport »

« J’ai réalisé une belle année ici la saison passée, en atteignant les quarts de finale, a-t-elle souligné. Du coup, cette année, j’ai ressenti une pression un peu différente. Je n’avais ressenti ça qu’à Roland-Garros auparavant. J’étais vraiment nerveuse avant mon premier match. Avant de venir ici (à New York), j’avais connu des tournois compliqués, avec certaines défaites difficiles à digérer après un bon début de saison. Je voulais juste retrouver mon jeu, ici. Le tennis est plus amusant comme cela, plutôt que quand vous vous répétez ”Pourquoi je n’arrive pas à bien frapper la balle ?” Quand vous revenez à quelque chose de simple, quand il se passe quelque chose comme ça, vous aimez plus que jamais votre sport. Je ne veux pas m’arrêter là. »

Rogers affrontera en huitièmes de finale, lundi, la Britannique de 18 ans Emma Raducanu. Une autre joueuse qui a fait parler d’elle à Flushing Meadows, en étant issue des qualifications. Rogers la rencontrera en pleine confiance, forte de sa victoire contre la numéro 1 mondiale. « Ashleigh est l’une des personnes le plus professionnelles que j’ai rencontrées, décrit-elle. C’est rafraichissant de voir sa bonne humeur. Elle a les pieds sur terre. Elle encourage toujours tout le monde autour d’elle. C’est l’une de mes personnes préférées. Je ne peux pas vous dire à quelle point je la respecte. Elle est une figure de proue du tennis féminin. Elle a travaillé tellement dur, a connu des blessures, est revenue, a remporté cinq titres, est restée première mondiale… Cette fille est la joueuse dont tout le monde rêve d’être. »

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