Thiem contre Zverev : pourquoi c’est la finale idéale hors Big Three

Sans Rafael Nadal ni Roger Federer, et avec l’autodestruction de Novak Djokovic en huitièmes de finale de l’US Open, la voie est enfin libre pour un nouveau champion masculin en Majeur.

En réalisant des performances exceptionnelles sur une longue période et en compensant sans relâche les défaillances occasionnelles de chacun, le Big 3 – Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic – a empêché toute une génération de joueurs, depuis ceux nés à la fin des années 80 jusqu’à la fin des années 90, d’atteindre l’honneur suprême du tennis.

Daniil Medvedev (US Open 2019) et Dominic Thiem (Open d’Australie 2020 et Roland-Garros 2018, 2019) sont passés à deux doigts de rompre la malédiction avec de belles finales contre respectivement Nadal, Djokovic et Nadal, deux fois. Mais l’US Open 2020 promet au tennis masculin son premier champion en Grand Chelem né dans les années 1990, près d’une décennie après que Petra Kvitova soit devenue la première championne des années 1990 à Wimbledon en 2011.

Des circonstances exceptionnelles ont permis à la génération des années 1990 de prendre le relais

Pendant cette quinzaine de l’US Open, alors que le Big Three était en lice pour un treizième titre consécutif en Grand Chelem (aucun vainqueur hors de son cercle depuis Stanislas Wawrinka à l’US Open 2016), le reste du circuit a finalement pu profiter des circonstances exceptionnelles pour stopper cette série : l’absence de Federer pour blessure, de Nadal par précaution sanitaire et/ou volonté de préparer Roland-Garros, disqualification de l’archi-favori Djokovic en huitième de finale.

La question devenait la suivante : quels étaient les deux joueurs qui allaient s’imposer et profiter d’un tableau épuré pour atteindre la finale ? Alexander Zverev et Dominic Thiem, les deux têtes de série les mieux classées dans leur moitié respective, n°5 et n°2, y ont répondu de manière sensiblement différente.

Dans un quart de finale rempli d’erreurs, Zverev a mieux géré ses nerfs que Borna Coric pour se qualifier en demie. Il a ensuite réussi son premier come-back en carrière, revenant de deux sets à rien pour dépasser Pablo Carreño Busta et atteindre sa première finale en Grand Chelem.

A son tour, la machine Thiem s’est mise en marche. Alex de Minaur puis Daniil Medvedev, finaliste l’an dernier et tête de série numéro 3 en 2020, ont été balayés en trois manches, même si le Russe a eu ses chances dans le deuxième et le troisième set.

Thiem-Zverev : La finale la plus logique dans l’ensemble

Ils ont certes pris des chemins différents, mais il y a une forme de logique à voir Zverev et Thiem, les deux joueurs masculins les plus accomplis nés dans les années 1990, s’affronter dimanche pour le premier titre majeur de leur génération.

Lorsque Thiem a commencé à percer au classement en 2016, lui et Zverev, un an plus tard, ont été largement désignés comme les successeurs naturels du Big 3. Là encore, ils ont justifié ce statut de façons différentes.

Aucun joueur des années 1990 n’a fait mieux que Thiem en Grand Chelem. Et aucun joueur des années 1990, pas même Thiem, n’a fait mieux que Zverev dans les Masters 1000. Aucun autre joueur de cette génération n’a atteint, comme eux, la troisième place mondiale, si symbolique à l’ère du Big Three. Zverev l’a fait en avril 2018 pour la première fois et Thiem en mars 2019.

Thiem contre Zverev, une amitié devenue maintenant une rivalité ?

Pour les dix prochaines années, on peut également supposer que Thiem et Zverev sont peut-être les deux joueurs les plus rentables sur le plan marketing de leur génération, tant en raison de leur tennis que de leur personnalité. Plus tôt ils développeront leur rivalité et commenceront à accumuler les titres majeurs, mieux ce sera pour eux dans la définition du « tennis d’après ».

Leur histoire commune est déjà belle et peut devenir grande. Malgré leur différence d’âge de quatre ans, Thiem et Zverev sont les meilleurs amis du monde depuis leur adolescence, et ils ont souvent déclaré publiquement que s’affronter dans une finale de Grand Chelem serait « un rêve devenu réalité ».

Dimanche à New York, en plein cœur d’une année étrange qui restera gravée dans leur mémoire, Thiem et Zverev vont vivre l’une des finales les plus intimes de l’histoire de l’US Open.

Mais plus que jamais dans leur vie, le monde entier les regardera.

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