L’UTS, un format qui pousse les joueurs à sortir de leur zone de confort

Le format de matchs rapides, où chaque carte peut faire basculer un match, donne un avantage aux bons serveurs et aux attaquants à l’Ultimate Tennis Showdown. Certains joueurs, comme Tsitsipas, Thiem ou Berrettini, sont contraints d’adapter leur jeu pour donner leur pleine mesure.

Stefanos Tsitsipas - UTS

A chaque temps-mort des matchs de l’Ultimate Tennis Showdown, le père et entraîneur de Stefanos Tsitsipas le répète. « Sois plus agressif, monte au filet, sors un bon premier service ! » Le coach du numéro 8 mondial insiste constamment sur le jeu offensif de son joueur. En cause : le format de l’UTS qui pousse les joueurs à revoir leur style de jeu. Matchs rapides de quatre quarts-temps de dix minutes, obligation de servir en moins de 15 secondes : la prime est donnée aux attaquants.

Plusieurs fois, Tsitsipas s’est montré plus enclin à monter au filet que lors de matchs « classiques » pour aller grappiller des points. Par exemple lors du choc de dimanche dernier perdu contre Dominic Thiem, le numéro 3 mondial, qui lui a fait perdre sa place de leader de l’UTS. Lors du premier quart-temps, sa montée au filet suivie d’une volée clinique, après un premier service puissant, résumait beaucoup de l’évolution du jeu du Grec. Le service-volée, Tsitsipas ne l’utilise que 5% du temps sur le circuit ATP. Mais le format de l’UTS le contraint à une plus grande prise de risques.

« Vous n’avez pas trop le temps de réfléchir pendant les matchs, car ça va trop vite, nous faisait remarquer « The Greek God ». Tout ce que vous avez à faire, c’est de vous concentrer sur votre service et le retour, pour vite creuser vite l’écart. » 

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Le contraste est encore plus saisissant pour Thiem, qui ne fait service-volée que 2% du temps sur le circuit classique. Et pourtant c’est ainsi qu’il est allé chercher trois points après l’utilisation de la carte UTS « Coups gagnants valent 3 ».

Même chose pour Matteo Berrettini. L’Italien n’hésite pas à enchaîner premier service lourd et volée au filet. Le numéro 8 mondial a adopté cette tactique de nombreuses fois samedi dernier, contre Feliciano Lopez. Après plusieurs passings manqués, Berrettini bondissait à la volée pour asphyxier « El Torero ». Au point de déjouer. « The Hammer », trop brouillon et pressé de finir les échanges, n’a pas remporté un seul quart-temps face à l’Espagnol (4-0), pourtant 56e mondial. Pas un hasard tellement le no 8 ATP n’est pas habitué à être si offensif. Il n’utilise le service-volée… que 0,8% du temps sur les tournois habituels.

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David Goffin : « Ce format ne m’avantage pas du tout ! »

Sur le court rapide de la Mouratoglou Tennis Academy, les joueurs au jeu défensif sont les plus déstabilisés. David Goffin le premier. Le numéro 10 mondial, très résistant et physique – d’où son surnom, « The Wall » – n’est pas taillé pour le format de l’UTS. « Ce format ne m’avantage pas du tout !, nous confirmait le Belge. Je ne peux pas jouer du tout à la bataille physique, en allongeant les échanges. A aucun moment, je sens que j’ai de la marge. J’ai peur de me faire avoir. C’est le concept qui fait ça. »

Après un premier week-end catastrophique, avec deux défaites, Goffin s’est repris la semaine dernière. Lui aussi en adaptant son jeu aux règles particulières de l’UTS. Il a glané une première victoire contre Alexei Popyrin, puis face à Feliciano Lopez, au bout du bout, à la mort subite. Principalement grace à des revers long de ligne, l’une de ses meilleures armes dans ce tournoi. Le Belge a aussi changé ses cartes en cours de tournoi, pour privilégier la « Steal Serve » à la « -1 Serve ».

« Le pire, c’est la carte ‘coup gagnant vaut trois points’, décrit-il, en référence à cette carte UTS utilisable une fois par quart-temps, et qui peut faire basculer une rencontre. Les gros serveurs peuvent, eux, l’utiliser beaucoup plus facilement que moi qui possède un moins bon service. Avec quelques points bonus bien utilisés par l’adversaire, le quart-temps peut vite m’échapper. »

David Goffin - UTS

Dustin Brown, toujours à la recherche d’un succès après quatre matchs à l’UTS, assure même que « face à un gros serveur qui utilise cette carte, on s’inquiète beaucoup ! » « On a peur de se prendre un ace. » Mais l’Allemand estime aussi que, quand un joueur utilise ce bonus, il a « tendance à forcer son jeu, à monter au filet, et donc, à commettre une erreur. En tout cas, ça nous force à jouer le point à fond. »

« The Artist » n’est pas le plus désavantagé par le format de l’UTS. Le joueur est le plus friand des montées au filet, sa marque de fabrique. « Je joue de la même façon dont j’ai toujours jouée », assume logiquement le 239e mondial. Pour l’instant, ça ne paye pas. Preuve que le format ne bouleverse pas complètement le rapport de forces. Mais il incite chacun à sortir de sa zone de confort. Ce qui pourrait bien être utile au-delà de l’UTS.

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