La raison pour laquelle le circuit féminin est si instable – L’Œil du coach #25

Entraîneur de Serena Williams depuis 2012, Patrick Mouratoglou se penche sur l’instabilité du circuit WTA face à un constant changement de coachs chez les joueuses.

1 octobre 2020

Osaka, Muguruza, Yastremska… Sur le circuit WTA, de nombreuses joueuses ont annoncé fin 2019 qu’elles se sépareraient de leur coach pour entamer la saison 2020. Une tendance qui se reproduit année après année, rendant le circuit féminin instable. Patrick Mouratoglou est, lui, un parfait contre-exemple de ce changement régulier d’entraîneur puisqu’il s’occupe de Serena Williams depuis 2012. Et pour lui, cette valse des coachs n’est pas un point positif, loin de là.

 “Sur le circuit WTA, les joueuses changent d’entraîneur tout le temps. Pour atteindre le très haut niveau et y rester, il faut de la stabilité jour après jour, assure Patrick Mouratoglou. La constance vient avec un projet. Le projet arrive avec l’entraîneur, qui vient au joueur parce que le joueur lui a demandé de travailler avec lui ou avec elle. Et l’entraîneur dit : “Voici mon point de vue sur ton jeu. Voici ce sur quoi nous devons travailler. Voici le projet qui te permettra d’atteindre ce niveau.”

Madison Keys and her coach, Roland-Garros, 2019

Avoir foi en son coach

Pour l’entraîneur français, la confiance entre une joueuse et son coach est absolument primordial. Le duo doit regarder dans la même direction, sur le long terme, s’il veut espérer avoir de la réussite.

“Tu dois avoir foi en ton coach et dans sa méthode. Tu dois accepter de progresser lentement si tu sens que vous allez dans la bonne direction. Et il ne faut pas tout remettre en cause à la première défaite, ou parce que tu es énervé(e), il faut de la stabilité. Et c’est un fait sur le circuit WTA, les joueuses changent trop d’entraîneurs. Et à chaque nouveau coach, tout est à refaire. Le coach voit le tennis de sa joueuse à sa manière. Le chemin le plus court pour aller d’un point à un autre, c’est la ligne droite. Et si tu passes par plein d’autres endroits…Déjà, rien ne dit que tu vas atteindre ton objectif. Et en plus, tu perds du temps et tu te perds toi-même.”

Mouratoglou conclut : “les résultats parlent d’eux-mêmes”. En tout cas, pour sa protégée les chiffres parlent en effet : 23 titres du Grand Chelem. Alors à voir si davantage de joueuses emboiteront le pas de la stabilité dans le futur.

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