« L’histoire du tennis est pleine de tournois soi-disant au rabais »
Match Points est une émission de débat de Tennis Majors, animée par Josh Cohen. Dans cet épisode, Marion Bartoli et Ben Rothenberg débattent sur la légitimité des futurs vainqueurs de l’US Open 2020, du fait de nombreux absents.
La fin de l’US Open 2020 approche. Outre les conditions sanitaires liées à la pandémie de coronavirus et la bulle imposée aux joueurs à New York, cette édition est marquée par de nombreuses absences. Le tableau féminin est décimé par l’absence, entre autres, d’Ashleigh Barty, Simona Halep, Elina Svitolina ou Bianca Andreescu. Chez les hommes, Rafael Nadal, Roger Federer, Gaël Monfils et Stan Wawrinka sont notamment absents à Flushing Meadows.
Les nombreux absents feront-ils des lauréats du tournoi des vainqueurs au rabais ? Non pour Ben Rothenberg, interrogé à ce propos par Josh Cohen dans le dernier épisode de Match Points, une émission de débat de Tennis Majors.
« L’histoire du tennis regorge de tournois un peu spéciaux. Dans les années 1970 et 1980, il était fréquent que les Grand Chelem n’aient pas tous les meilleurs. C’était bien pire avant le début de l’ère Open en 1968. Chris Evert, meilleure joueuse de terre battue du monde, ne jouait pas souvent Roland-Garros dans les années 1970 pour participer à la World Team Tennis aux Etats-Unis. Sue Parker, Mima Jausovec ou Virginia Ruzici n’auraient donc pas mérité leurs victoires ? »
« Ils auront mérité leur titre »
Rothenberg trouve que le niveau de jeu n’est en rien différent d’un Grand Chelem, dans les conditions d’avant-coronavirus. « Si Osaka gagne le tournoi, vu son niveau actuel, il est plausible de penser qu’elle y serait arrivée une année normale. »
Marion Bartoli, lauréate de Wimbledon en 2013, est du même avis que le journaliste américain. Pour elle, la donne a changé depuis que de nombreux joueurs et joueuses européens ont pu voyager outre-Atlantique.
« Si seuls des joueurs américains avaient pu participer au tournoi, ça aurait été compliqué d’appeler ça « Grand Chelem ». Là, on voit bien que ça a tout d’un Grand Chelem. »
Elle évoque le possible 24e titre en Majeur de Serena Williams. « Si Serena gagne son 24e titre, personne n’ira prétendre que c’est un titre au rabais. »
Bartoli considère qu’il est « aussi compliqué de reporter ce tournoi qu’un autre. Ils auront mérité leur titre ».
Une chose est sûre, cet US Open fera date, pour Ben Rothenberg. « On se souviendra tous du contexte de cette édition 2020. Et décréter que ce serait au rabais ne changerait rien. »
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