13 novembre 2005 : le jour où Amélie Mauresmo a remporté son premier titre majeur en s’imposant au Masters

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 2005 pour voir comment Amélie Mauresmo a remporté la première finale 100% française de l’histoire du Masters féminin, en battant Mary Pierce en trois sets (5-7, 7-6, 6-4).

13 novembre 2021
Amélie Mauresmo, WTA Finals 2005

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Mauresmo a fait taire les critiques

Ce jour-là, le 13 novembre 2005, Amélie Mauresmo, qui avait été fortement critiquée par le passé pour avoir atteint la première place mondiale sans avoir gagné le moindre tournoi majeur, fait taire les sceptiques en remportant le Masters. De plus, la Française, dont la capacité à gérer la pression dans les matches importants a souvent été mise en doute, remporte un véritable combat au couteau contre sa compatriote Mary Pierce (5-7, 7-6, 6-4).

Les personnages : Amélie Mauresmo et Mary Pierce

  • Amélie Mauresmo, critiquée pour son palmarès vierge en Grand Chelem

Amélie Mauresmo est née en 1979. Elle devient célèbre en 1999, alors qu’elle est 29e mondiale, en atteignant la finale de l’Open d’Australie, éliminant la numéro 1 mondiale Lindsay Davenport en demi-finale (4-6, 7-5, 7-5) avant de s’incliner devant Martina Hingis (6-2, 6-3). Cette année-là, elle entre pour la première fois dans le top 10 et gagne son premier tournoi à Bratislava. Elle confirme son potentiel en 2001, soulevant quatre trophées sur le circuit et se hissant jusqu’en quarts de finale à l’US Open (battue par Jennifer Capriati, 6-3, 6-4). Entre le début 2002 et la fin 2005, développant un jeu agressif basé sur un bon service et un revers à une main très solide, Amélie Mauresmo remporte douze tournois (dont six « Tier I », les tournois les plus importants en-dessous des Majeurs) et dispute trois demi-finales et neuf quarts de finale en Grand Chelem, sans jamais parvenir en finale. Son manque de succès en Grand Chelem met son mental sous le feu des critiques et son accession à la place de numéro 1 mondiale en septembre 2004 est assez controversée.

Amélie Mauresmo, Roland-Garros 2000
Amélie Mauresmo, Roland-Garros 2000 – © Panoramic

Mary Pierce, double titrée en Grand Chelem

Mary Pierce est née en 1975 à Montréal, au Canada, mais elle a choisi de représenter la France, le pays de sa mère. A l’époque, elle est la plus jeune joueuse de l’histoire à faire ses débuts professionnels, à l’âge de quatorze ans et deux mois, mais c’est en 1991 qu’elle atteint le plus haut niveau en remportant son premier titre à Palerme avant de terminer l’année à la 26e place mondiale. Le début de sa carrière est fortement marqué par le comportement violent de son père, Jim, qui, en 1993, amène la WTA à l’interdire de stade, et amène Mary à demander une ordonnance restrictive à son encontre. Au cours des deux saisons suivantes, elle gagne s’adjuge quatre tournois supplémentaires et, après avoir atteint les quarts de finale à l’Open d’Australie 1993, elle parvient en finale de Roland-Garros en 1994. Avant de s’incliner face à Arantxa Sanchez (6-4, 6-4), elle balaie la numéro 1 mondiale, Steffi Graf, en demi-finale (6-2, 6-2), en livrant l’une des performances les plus impressionnantes de l’histoire du tournoi. Quelques mois plus tard, à l’Open d’Australie, Pierce devient la première Française à triompher en Grand Chelem depuis François Dürr (Roland-Garros 1967), prenant sa revanche sur Sanchez en finale (6-3, 6-2). Après une année 1996 gâchée par les blessures, elle revient en force en 1997 en disputant une deuxième finale à Melbourne, mais cette fois, elle est sèchement battue par la prodige suisse, Martina Hingis (6-2, 6-2). Cette même année, elle mène la France à la victoire en Fed Cup et se hisse en finale du Masters (battue par Jana Novotna, 7-6, 6-2, 6-3).  Régulière au plus haut niveau, elle atteint le point culminant de sa carrière en juin 2000, lorsqu’elle triomphe à Roland-Garros, aux dépens de Conchita Martinez (6-2, 7-5). Souvent blessée entre 2001 et 2003, elle revient au sommet en 2005. Elle termine l’année à la 5e place mondiale, après avoir été finaliste à Roland-Garros (défaite par Justine Henin, 6-1, 6-1) et à l’US Open (battue par Kim Clijsters, 6-3, 6-1).

Le lieu : Los Angeles

Le Masters féminin a eu lieu pour la première fois en 1972, à Boca Raton, en Floride. Après quelques années à Boca Raton et à Los Angeles, le tournoi s’est installé à New York, où il s’est tenu au Madison Square Garden jusqu’en 2000. Le Masters est ensuite retourné à Los Angeles en 2002, et en 2003, son tableau est passé de 16 à 8 joueurs. Comme seules les meilleures joueuses de l’année se qualifient pour l’événement, son palmarès est tout simplement impressionnant.

L’histoire : Mauresmo remporte enfin un titre majeur

En novembre 2005, lorsque les Françaises Amélie Mauresmo et Mary Pierce disputent le Masters de fin d’année, elles sont à des stades très différents de leur carrière. Mauresmo, 26 ans, bien qu’ayant atteint la première place mondiale en 2004, court toujours après un premier titre majeur pour s’imposer comme une grande championne. Pierce, en revanche, a 30 ans, et bien qu’elle n’ait jamais occupé la première place du classement WTA, elle a remporté deux titres du Grand Chelem, à l’Open d’Australie en 1995 et à Roland-Garros en 2000. Après quelques années marquées par les blessures, elle achève une saison 2005 exceptionnelle, au cours de laquelle elle a disputé les finales de Roland-Garros et de l’US Open. 

Les deux femmes se sont affrontées lors du dernier match des phases de poule, mais elles étaient déjà toutes deux assurées de se qualifier pour les demi-finales et l’enjeu était donc presque nul. Pour gagner leur ticket pour la finale, Mauresmo a battu Maria Sharapova (7-6, 6-3) tandis que Pierce a éliminé la numéro un mondiale, Lindsay Davenport (7-6, 7-6). 

Le match qu’elles se livrent à l’occasion de la première finale 100% française de l’histoire du tournoi n’a rien à voir avec leur match de poule sans enjeu. Selon le New York Times, « pendant plus de trois heures, les deux joueuses se sont déplacées d’un côté à l’autre du terrain, au rythme des changements de vitesse de Mauresmo et des amorties habiles de Pierce ». L’entraîneur de Mauresmo, Loïc Courteau, cité par Le Monde, dira même que c’est « le plus grand match de tennis féminin [que j’ai] jamais vu ». 

Malgré la perte du premier set (7-5), Mauresmo s’accroche et parvient à remporter le tie-break du second set (7-3). Dans le set décisif, Pierce semble être à bout de forces, ce qui faisait partie de la stratégie de Mauresmo : « Je ne voulais pas d’échanges courts. Je voulais la faire travailler, et cela depuis le début. Cela a payé dans le troisième set. »

Mauresmo se fait tout de même une dernière frayeur lorsque, après avoir pris le service de son adversaire à 4-4, elle se retrouve menée 0-40 alors qu’elle sert pour le match. Mais Pierce, à court d’énergie, s’effondre littéralement et enchaîne cinq fautes directes.

« Je pense vraiment que c’est un grand pas pour moi », déclare Mauresmo, qui est la première Française à remporter le Masters. « Je ne sais pas où cela va me mener, mais c’est une étape. Vous savez que c’est un moment important. »

La postérité du moment : Le déclic pour Mauresmo

Mauresmo avait raison lorsqu’elle disait que remporter un premier titre majeur était une étape importante pour elle. L’année suivante, elle récupèrera la première place mondiale, cette fois avec brio, en battant Justine Henin en finale de l’Open d’Australie et de Wimbledon, qui resteront par ailleurs ses deux seuls titres du Grand Chelem. Mauresmo va ensuite lentement décliner, perturbée par de nombreuses blessures. Elle quittera le top 10 en 2007 et ne remportera plus que deux titres sur le circuit avant de prendre sa retraite fin 2009. 

En 2006, une blessure au pied empêchera Pierce de jouer entre février et août. Sa carrière s’achèvera tragiquement à la fin de cette année-là, lorsqu’elle sera victime d’une terrible blessure, lors de son match contre Vera Zvonareva au deuxième tour du tournoi de Linz. La double vainqueur de Grand Chelem, touchée aux ligaments du genou, n’arrivera plus jamais à jouer au tennis sans ressentir la moindre douleur.

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