1er janvier 1998 : le jour où est morte la légende américaine Helen Wills

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 1998 pour rendre hommage à Helen Wills, joueuse aux 19 titre du Grand Chelem qui, avec Suzanne Lenglen, a été la première véritable légende de l’histoire du tennis féminin.

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Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi cela a marqué l’histoire du tennis

Ce jour-là, le 1er janvier 1998, la première légende de l’histoire du tennis féminin américain, Helen Wills, s’éteint à l’âge de 92 ans. Au long de sa carrière, Wills, première joueuse à remporter trois titres majeurs en une année, en 1928, a accumulé 19 levées du Grand Chelem en simple, dont 14 titres consécutifs entre 1927 et 1933.

L’histoire : Helen Wills, monument aux 126 victoires pour seulement 3 défaites en Grand Chelem

Helen Wills, également passée à la postérité sous le nom de Wills-Moody, née en 1905, est la première Américaine à devenir une star du sport. Wills commence le tennis à l’âge de 8 ans, et obtient son premier résultat marquant en 1921 en remportant le Championnat de Californie. De 1923 à 1925, elle s’impose trois fois consécutivement à l’US Nationals, tout en étudiant grâce à une bourse à l’Université de Berkeley. En 1924, elle obtient la médaille d’or en simple et en double aux Jeux olympiques, à Paris.

Diplômée en 1925, Wills dispute des tournois dans le monde entier dès l’année suivante. En février, elle rencontre la légende française Suzanne Lenglen pour la seule et unique fois, à Cannes. Wills, alors âgée de 20 ans, s’incline face à la sextuple championne de Wimbledon, 6-3, 8-6, et ne l’affrontera plus jamais.

Sa domination débute en 1927, lorsqu’elle triomphe à Wimbledon pour la première fois, aux dépens de l’Espagnole Lili Alvarez, 6-2, 6-4. En 1928, elle devient la première joueuse de l’histoire à remporter trois titres majeurs la même année (Roland-Garros, Wimbledon et l’US Nationals), le tout sans perdre un set. En 1929, elle défend ses titres, à Paris puis à Londres, et lorsque débute l’US Nationals, elle n’a pas perdu le moindre set depuis la demi-finale de Wimbledon 1927.   

Les coups de fond de court de Wills sont extrêmement puissants des deux côtés. Sa longueur de balle empêche ses adversaires de diriger le jeu ou de monter à la volée, et si cela ne suffit pas à les écœurer, elle leur assène des coups gagnants fulgurants depuis la ligne de fond. D’après L’Histoire du tennis de Bud Collins, « ancrée sur sa ligne de fond, elle pouvait écraser n’importe quelle adversaire », mais « elle ne se déplaçait pas avec la grâce et la rapidité de Lenglen, et ses adversaires s’en tiraient mieux en utilisant l’amortie ».

« Little Miss Poker Face »

En raison de son attitude toujours stoïque, la jeune Wills est d’abord surnommée « Little Miss Poker Face ». Au fil de ses succès, on lui prêtera les surnoms de « Queen Helen » (la Reine), ou d’« Imperial Helen » (l’Impératrice). Ses adversaires ont l’impression de jouer contre une véritable machine.  « Je n’avais qu’une seule idée en tête, celle de renvoyer la balle de l’autre côté du filet. J’étais simplement moi-même, trop concentrée sur le jeu pour penser à quoi que ce soit d’autre », explique-t-elle, selon l’ouvrage de Billie Jean King paru en 1988 intitulé Story of women’s tennis (1988).

Entre sa défaite au premier tour à Wimbledon en 1926 et sa défaite en finale des US Nationals en 1933, Helen Wills remporte 14 tournois du Grand Chelem sans la moindre défaite – cependant, elle n’a jamais participé aux championnats d’Australie, et elle a fait l’impasse sur Roland-Garros en 1931 (elle n’y jouera plus après son quatrième titre, en 1932). Abstraction faite de ses abandons aux Internationaux de France et à Wimbledon en 1926 – elle se remet à peine de l’appendicite – elle atteint la finale de tous les tournois du Grand Chelem en simple auxquels elle participe durant toute sa carrière, affichant un incroyable ratio de 126 victoires pour seulement trois défaites.

Wills s’impose à Wimbledon à huit reprises, la dernière fois en 1938, un record qui ne sera battu que 52 ans plus tard par Martina Navratilova, en 1990.  En 1933, quarante ans avant que Margaret Court et Billie Jean King n’affrontent Bobby Riggs, elle participe à une première version de la « bataille des sexes », au cours de laquelle elle prend le dessus sur Phil Neer, le huitième joueur américain, 6-3, 6-4.

Peu de temps après son dernier titre à Wimbledon, en 1938, elle met un terme à sa carrière  en simple, mais participe encore à des compétitions en double jusqu’à  être mordue par un chien à la main droite, en 1943, ce qui la contraint à prendre définitivement sa retraite. Cependant, elle demeure une joueuse de tennis enthousiaste jusqu’à l’âge de 80 ans. Les 19 titres qu’elle a accumulés en simple restent un record absolu pendant plus de trente ans, seulement dépassé par Margaret Court en 1970.

En dehors des courts, Helen Wills aime les arts, notamment la poésie, qu’elle aime écrire en amateur, et le dessin : elle réalise elle-même les illustrations de son livre Tennis, publié en 1928.

Helen Wills s’éteint le jour de l’an 1998, à l’âge de 92 ans, léguant 10 millions de dollars à l’Université de Californie à Berkeley, où elle avait étudié plus de 60 ans auparavant, pour financer la création d’un institut de neurosciences.

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