25 janvier 2003 : le jour où Serena Williams a remporté un 4e titre du Grand Chelem consécutif

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 25 janvier 2003, Serena Williams domine sa sœur, Venus, en finale de l’Open d’Australie et devient la première joueuse depuis Steffi Graf à détenir simultanément les quatre titres du Grand Chelem.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Serena Williams devient la première joueuse à détenir les quatre titres du Grand Chelem depuis Steffi Graf

Ce jour-là, le 25 janvier 2003, à l’Open d’Australie, Serena Williams domine sa sœur Venus (7-6, 3-6, 6-4) en finale de Grand Chelem pour la quatrième fois consécutive, accomplissant ainsi un exploit connu sous le nom de “Serena Slam” . Elle est la première joueuse à détenir simultanément les quatre titres majeurs depuis Steffi Graf, en 1994. La prophétie faite des années plus tôt par Richard Williams, selon laquelle ses filles deviendraient les deux meilleures joueuses au monde, est complètement réalisée, au point qu’elles se permettent même de décrocher les titres en double à Wimbledon ainsi qu’à Melbourne Park en plus de leurs exploits en simple.

Les actrices

Serena Williams, née en 1981, est la cadette de sa famille. Quelques années plus tôt, en 1997, sa sœur Venus, qui débutait alors sur le circuit, avait déclaré que sa principale rivale serait sa petite sœur Serena. A l’époque, les observateurs n’avaient pas su si elle avait dit ça sérieusement ou par pure provocation. Ils réalisent bientôt à quel point Venus était en fait sérieuse, lorsqu’en novembre de la même année, Serena Williams fait parler d’elle à Scottsdale. Âgée de 16 ans, classée 304e mondiale, elle s’extrait des qualifications et se hisse jusqu’en demi-finales, battant au passage Mary Pierce (7e mondiale, 6-3, 7-6) et Monica Seles (4e mondiale, 4-6, 6-1, 6-1). En 1998, elle renverse plusieurs joueuses du top 10, notamment la 3e mondiale Lindsay Davenport, en quarts de finale du tournoi de Sydney (1-6 7-5 7-5), et dispute plusieurs quarts de finale qui lui permettent de terminer la saison au 20e rang mondial. Elle explose en 1999. Cette année-là, en février, elle gagne son premier tournoi à Paris Coubertin, à dix-sept ans, battant en finale la locale de l’étape Amélie Mauresmo (6-2, 3-6, 7-6). A Miami, elle vient à bout de la numéro 1 mondiale Martina Hingis en demi-finale (6-4, 7-6), avant de s’incliner en finale contre Venus. C’est la première fois de l’histoire que deux sœurs s’affrontent en finale d’un tournoi WTA. Au mois de septembre, elle crée la surprise en gagnant son premier titre du Grand Chelem avant sa grande sœur, dominant Hingis en finale (6-3, 7-6). Associée à Venus, elle s’adjuge aussi le titre en double, et termine l’année à la quatrième place mondiale. Les deux saisons suivantes, elle ne parvient pas à doubler la mise en Grand Chelem mais remporte six tournois, tout en atteignant la finale de l’US Open 2001. Elle y perd contre Venus le premier match disputé par deux sœurs à un tel niveau de compétition. En 2002, alors qu’une blessure la contraint à faire l’impasse sur l’Open d’Australie, elle devient n°1 mondiale dès le mois de juillet après avoir battu sa sœur en finale de Roland-Garros (7-5, 6-3) et de Wimbledon (7-6, 6-3). À l’US Open, elle confirme son emprise sur le circuit et sur sa sœur, qu’elle bat en finale une troisième fois d’affilée (6-4, 6-3). Elle a à présent l’occasion de devenir la première joueuse depuis Steffi Graf en 1994 à détenir les quatre couronnes du Grand Chelem simultanément, un exploit que les journalistes appellent déjà « Serena Slam ».

Venus et Serena Williams

Venus Williams est née en 1980. Entraînée par son père, Richard, elle est annoncée comme un prodige du tennis depuis ses premiers pas sur le circuit, en 1994. Cependant, ce n’est qu’en 1997 qu’elle intègre le top 100, obtenant son premier résultat notable à Palm Springs, où elle se qualifié pour les quarts de finale en battant la 9e mondiale, Iva Majoli (7-5, 3-6, 7-5). Elle ne passe pas inaperçue, en raison de ses coups extrêmement puissants, de son charisme mais aussi de la façon dont son père l’a mise en avant. Sa petite sœur, Serena, entame elle aussi une carrière de joueuse professionnelle, et leur père a audacieusement prédit qu’un jour, elles s’affronteraient en finale d’un tournoi du Grand Chelem.  Après une première finale majeure perdue à l’US Open 1997 contre Martina Hingis (6-0, 6-4), Venus réalise son potentiel en 2000, remportant à la fois Wimbledon et l’US Open, dominant à chaque fois Lindsay Davenport en finale. En 2001, elle conserve ses deux couronnes, en battant Justine Henin lors de la finale au All England Club (6-1, 3-6, 6-0)  puis sa sœur Serena à Flushing Meadows (6-2, 6-4). Elle devient n°1 mondiale en février 2002, mais elle est bientôt dépassée par Serena, qui la bat trois fois d’affilée en finale de Grand Chelem et s’empare de la première place mondiale.

Le lieu : l’Open d’Australie

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adélaïde, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes également, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. Jusqu’en 1982, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement et des prix insuffisants, mais à partir de la victoire de Mats Wilander, la dynamique change. Pour rendre le tournoi plus attractif, le comité du tournoi déploie d’énormes efforts qui mènent au déménagement de l’épreuve vers un nouveau site, Flinders Park (qui sera plus tard renommé Melbourne Park), à l’abandon du gazon pour des courts en dur, et à la construction du premier court central doté d’un toit rétractable. La dotation augmente également, et il ne faut alors que quelques années pour que l’Open d’Australie devienne le Grand Chelem préféré de nombreux joueurs.

L’histoire : miraculée en demi-finale, Serena retrouve Venus en finale

Depuis le début de cet Open d’Australie 2003, une seule question se pose réellement au sujet du tournoi féminin : Serena Williams sera-t-elle en mesure de réaliser le « Serena Slam » en s’adjugeant un quatrième titre du Grand Chelem consécutif ? Au cours des trois derniers majeurs, elle a battu sa sœur Venus en finale, instaurant une forme inédite de domination familiale sur le circuit.

Avec cette pression supplémentaire, la numéro 1 mondiale passe près d’une élimination-surprise dès le premier tour, contre la Française Émilie Loit (56e mondiale), qu’elle finit par battre 3-6, 7-6, 7-5). Ce n’est certainement pas le début de tournoi dont elle avait rêvé, mais par la suite, elle traverse sans encombre le tableau jusqu’au stade des demi-finales, où l’attend Kim Clijsters. Face à la Belge, Serena se retrouve menée 5-1 au dernier set, avant d’aligner miraculeusement 6 jeux d’affilée pour l’emporter sur le fil (4-6, 6-3, 7-5).

En finale, elle affronte sa sœur Venus, numéro 2 mondiale, qui n’a pas perdu un set du tournoi. C’est la quatrième fois consécutive que les deux sœurs se retrouvent en finale d’un tournoi du Grand Chelem, un exploit que même leur père Richard n’aurait pu imaginer.

Lors de leurs trois derniers duels en finale d’un majeur, Serena avait pris le dessus assez facilement, sans jamais être poussée à disputer un troisième set. Cette fois, elle rencontre plus de difficultés. Venus semble déterminée à empêcher sa sœur à réaliser le Grand Chelem, tandis que Serena elle-même ressent probablement la pression liée à l’événement.

Serena empoche la première manche (7-6), mais lors de la deuxième, elle se montre plus impatiente, tandis que Venus trouve son rythme, notamment au service. À 5-3, l’aînée des Williams lâche un service gagnant à 194 km/h suivi d’un ace pour conclure le set.

À la fin du set décisif, Serena finit par breaker sa sœur à 5-4 pour remporter son premier Open d’Australie. C’est son quatrième titre du Grand Chelem consécutif, un exploit déjà connu comme le « Serena Slam », mais qui sera aussi parfois qualifié de « Sister Slam ».

“Je n’ai jamais été paralysée par le stress, mais je suis très émotive en ce moment”, déclare Serena lors de la cérémonie de remise des trophées. Au bord des larmes, elle ajoute encore : “Je suis vraiment, vraiment, vraiment heureuse. J’aimerais remercier ma mère et mon père de m’avoir aidée”.

La postérité du moment

Au cours des années suivantes, Serena Williams accumulera 23 titres du Grand Chelem. En 2015, elle sera à deux matches de réaliser le Grand Chelem calendaire, mais elle sera renversée par Roberta Vinci, numéro 43 mondiale, en demi-finale de l’US Open (2-6, 6-4, 6-4).

Venus remportera 7 titres du Grand Chelem en simple et 14 en double, en compagnie de sa sœur.

Les sœurs Williams s’affronteront dans quatre autres finales du Grand Chelem, quatre à Wimbledon (2003, 2008, 2009) et une à l’Open d’Australie en 2017. Venus ne l’emportera qu’une seule fois, au All England Club, en 2008 (7-5, 6-4).

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