Moutet n’a pas seulement remporté l’UTS, il a incarné l’envie partagée d’un autre tennis

Corentin Moutet a remporté l’UTS4 aux dépens de Taylor Fritz en finale. Pour sa troisième participation, « The Tornado » a confirmé qu’il était parfaitement à l’aise avec ce format, pour lequel il a créé la meilleure publicité.

26 mai 2021

Aux alentours de 22h45 et devant une grosse centaine de passionnés, Corentin Moutet exulte. « The Tornado » le voulait tellement et il l’a fait. Pour sa troisième participation, le Tricolore a remporté l’UTS4, le premier sur terre battue, face à Taylor Fritz en finale. Pendant deux jours, il a fait le show, râlé et beaucoup régalé. Il a surtout été celui le plus motivé et a confirmé une tendance déjà observée lors des éditions précédentes : Corentin Moutet est un joueur « taillé » pour UTS, ce format de tennis qui propose aux joueurs de jouer et gagner tout en libérant leur personnalité.

Programmé en match d’ouverture lundi face à Fritz, le joueur de 22 ans a rapidement donné le ton. Donnez lui une seule balle de service, Moutet ne s’en soucie guère. L’Américain a d’ailleurs identifié les qualités de son bourreau (par deux fois) qui lui permettent de briller à l’UTS : « Moutet a un très bon deuxième service, a t-il expliqué. Ça l’aide beaucoup dans un format où il n’y a qu’un seul service ». Moutet se voit bien continuer à jouer de la sorte.

Moutet : « J’adore être libre sur le court »

Jets de raquette, insultes, cassages de cordage, tout est autorisé à l’UTS. Et quand on connaît le tempérament de « La Tornade » sur le circuit ATP, la quasi-absence de risque d’avertissement est une bénédiction. Sur le court central de la Mouratoglou Academy, le naturel est autorisé à revenir au galop. L’attitude sur le court fait gagner des matchs dans ce format et Moutet l’a très bien compris.

« The Tornado » n’a jamais été aussi heureux de pouvoir faire ce qu’il veut sur le court. Il n’aime pas les règles : « J’adore ce sentiment, s’est réjoui le vainqueur de l’UTS4. Être libre sur le court, m’exprimer. Je n’ai tué personne, j’ai été libre pendant deux jours. Je ne suis pas un animal, je suis juste un humain ». Pendant deux jours, on a retrouvé le sourire du Français qui avait disparu depuis le début d’année.

Lassé des bulles sanitaires et de la triste ambiance sur le circuit, le Tricolore avait fait l’impasse sur une grande partie de la saison sur dur. Après l’Open d’Australie en février dernier, le joueur de 22 ans avait seulement repris avec le tournoi de Monte-Carlo presque deux mois plus tard. L’histoire retiendra que sa première grosse performance de l’année a eu lieu à l’UTS.

Le plein de confiance avant Roland-Garros

Sportivement, Corentin Moutet a également fait très fort. Il a remporté ses cinq matchs et a battu quatre joueurs, tous mieux classés que lui. Pointé au 72e rang mondial, le Tricolore a tout pour performer sur terre battue. Défenseur hors pair, il a usé de son réputé toucher de balle pour écoeurer tous ses adversaires pendant deux jours. Christian Garin se souvient encore de son coup-droit slicé, utilisé à de nombreuses reprises en demi-finale.

Son entraîneur Laurent Reymond, remplacé sur le banc par Luka Veliki, préparateur physique, au bord du court, estime que cette expérience va l’aider dans la perspective de Roland-Garros et de la suite de la saison. À l’arrivée, le principal concerné est également confiant pour la suite et conscient que ses bons résultats vont lui permettre d’avancer.

« C’étaient deux jours incroyables pour moi, confirme Moutet. J’ai joué un tennis de très haut niveau. Et je n’avais pas vraiment d’autres choix car mes adversaires étaient très bons, notamment Garin et Fritz qui sont chauds sur terre. J’ai très bien joué et c’est très positif pour le futur. »

Moutet, la promotion idéale pour l’UTS

Patrick Mouratoglou, créateur de l’Ultimate Tennis Showdown, rêve de fans bondissant devant leur télé pendant les rencontres de l’UTS. La quatrième édition a fourni ce type de séquences et elle le doit beaucoup à Corentin Moutet. Si l’apport de Fabio Fognini ou Alexander Bublik a été relativement décevant au vu de leur compatibilité probable avec le format, « The Tornado » a été la publicité idéale pour l’UTS.

Son préparateur physique, Luka Veliki, qui l’a suivi pendant le tournoi, en redemande : « C’était très intense, on a tous les deux adoré le format UTS et je pense que Corentin l’a prouvé, s’est enthousiasmé le principal intéressé. Dans mes amis, personne ne connaissait l’UTS et l’académie. Quand je leur ai montré, il étaient tous en mode « wow, c’est très cool à regarder ».

Joué au même moment que les tournois ATP250 de Belgrade 2 et de Parme, UTS4 a gagné une place dans le calendrier que les tournois de la saison 1, en 2020, n’avaient pas encore. Comme si ce tennis aux traits utopistes pouvait devenir réalité. Vite, encore une édition avec Moutet : il est d’accord.

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