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L’US Open est le majeur le plus ouvert de l’ère Open depuis le légendaire Roland-Garros 1974 (et voici pourquoi)

Iga Świątek est la seule joueuse des quarts de finale, femmes et hommes confondus, à avoir déjà remporté un tournoi du Grand Chelem.

Roger Federer (2003), Cori Gauff (2022), Carlos Alcaraz (2022), Chris Evert (1974) Roger Federer (2003), Cori Gauff (2022), Carlos Alcaraz (2022), Chris Evert (1974) | © Panoramic / Tennis Majors

L’US Open passe, à raison, pour être le Grand Chelem le plus ouvert, sinon le plus aléatoire. Il y a des raisons à cela, que l’ami Rémi Bourrières avait listées l’année dernière avant une édition promise à Novak Djokovic : placé en fin de saison, il se propose à des corps et des esprits déjà usés par une année de circuit. La météo new-yorkaise de fin d’été y est exigeante pour ne pas dire herculéenne. Et il y a une folie propre à l’endroit, à l’électricité de New York, à l’immensité du stade Arthur-Ashe, à la fièvre de ses night sessions, qui peut rendre le résultat plus surprenant qu’ailleurs.

À l’échelle de l’histoire récente du jeu, cela se mesure à des facteurs comme le nombre important de joueurs à y avoir réalisé la seule performance majeure de leur carrière : sans parler du numéro un mondial déchu Daniil Medvedev qui a l’avenir devant lui, citons Dominic Thiem (2020), Marin Cilic (2014), Juan Martin Del Potro (2009), Andy Roddick (2003), Patrick Rafter (1997, 1998), Bianca Andresscu (2019), Sloane Stephens (2017), Flavia Pennetta (2015), Samantha Stosur (2011), Gabriela Sabatini (1990), qui toutes et tous avaient su provoquer des surprises parmi les plus puissantes de la saison, ou de l’histoire du tennis, pour forcer le palmarès à se diversifier.

L’avenir appartient aussi encore à l’autre vainqueure de l’édition 2021, Emma Raducanu. Mais Flushing Meadows restera pour longtemps, avec son épopée de dix victoires sans perdre un set qualifications incluses, le théâtre de la victoire la plus irrationnelle et imprévisible de l’ère Open (c’est-à-dire depuis la validation du professionnalisme 1968).

Par ailleurs l’US Open est le seul Grand Chelem où Federer et Nadal ne se sont jamais affrontés en raison des défaites parmi les plus lunaires de leur carrière.

En 2022, la folie US Open a frappé dans des proportions encore supérieures. L’édition en cours du tournoi new-yorkais est tout simplement la plus ouverte de l’ère Open depuis Roland-Garros 1974 au moment où débutent les choses sérieuses de sa deuxième semaine avec les quarts de finale.

Cilic était le dernier homme en lice à avoir gagné un majeur

Quand Carlos Alcaraz a fini par battre Marin Cilic à 2 heures 23 du matin, quelques heures après la défaite surprise de Rafael Nadal contre Frances Tiafoe, l’US Open 2022 est devenu une occasion en or offerte aux jeunes loups du circuit masculin. Djokovic banni de territoire américain, Nadal éliminé à la régulière, le Croate était le dernier joueur à représenter la caste des « vainqueurs en Grand Chelem » après les disparitions de Medvedev (8e de finale), Andy Murray (battu au 3e tour), Dominic Thiem (2e tour) et Stan Wawrinka (1er tour).

Un de ces joueurs va soulever le premier trophée majeur de sa carrière (dans l’ordre très subjectif des joueurs que le petit milieu du tennis attend à ce niveau) :

Zéro ancien vainqueur au départ des quarts de finale : cette situation ne s’était produite que deux autres fois dans l’ère Open chez les hommes :

  • US Open 2020
  • Wimbledon 2003
Dominic Thiem, 2020 US Open
Dominic Thiem, 2020 US Open

Parmi ces références, l’US Open 2020 peut être considéré comme un « hors série » en raison de l’absence de public due à l’épidémie de Covid-19 – ce qui n’avait pas empêché une folie très new-yorkaise de se produire avec la disqualification de Novak Djokovic en huitième de finale.

Thiem, alors numéro 3 mondial et joueur le plus « pressenti » pour une telle levée, avait dominé Alexander Zverev en finale, l’homme que nous considérions, après sa victoire au Masters 2021 comme le meilleur joueur en activité à ne pas avoir cracké le code d’un majeur.

Les deux hommes s’étaient soustraits d’un “last eight”où figuraient ces joueurs :

  • Medvedev (vainqueur en 2021)
  • Denis Shapovalov (vu depuis en demi-finale à Wimbledon)
  • Rublev (dont le plafond de verre se situe aux quarts de Grand Chelem)
  • Pablo Carreño Busta (vainqueur de son quart et jamais vu au-delà des demi-finales depuis)
  • Borna Coric (jamais vu plus haut depuis)
  • Alex De Minaur (jamais vu plus haut depuis).
Daniil Medvedev, US Open 2021 | © Panoramic

Swiatek, la seule à avoir déjà gagné un Grand Chelem

Pour trouver trace d’une situation comparable à celle de l’US Open 2022 hommes et femmes confondus, il faut remonter à l’édition 1974 de Roland-Garros. Elle était, jusqu’à cet US Open 2022, le tournoi le plus ouvert de l’ère Open. Car le tableau féminin de Flushing Meadows regorge lui aussi de joueuses qui piaffent d’impatience d’ouvrir leur palmarès.

Iga Swiatek est, en mélangeant hommes et femmes, la seule joueuse à avoir remporté un trophée majeur dans le passé (deux en l’occurrence, Roland-Garros 2020 et 2022) parmi les huit rescapées. C’était aussi le cas du Roumain Ilie Nastase chez les hommes en 1974. Cette édition de Roland-Garros deviendrait bientôt une édition historique marquée par la première victoire en Grand Chelem de Björn Borg, 18 ans, chez les hommes, et Chris Evert, 19 ans, chez les femmes. Premiers trophées d’une trajectoire qui filerait bientôt droit vers la légende du jeu.

Les joueuses susceptibles d’empêcher Swiatek de diversifier son palmarès sont, dans le même ordre subjectif que celui propose tout à l’heure :

  • Cori Gauff
  • Ons Jabeur
  • Aryna Sabalenka
  • Karolina Pliskova
  • Caroline Garcia
  • Jessica Pegula
  • Ajla Tomljanovic
Iga Swiatek, US Open 2022
Iga Swiatek, US Open 2022 – © Antoine Couvercelle / Panoramic

Les précédents de Roland-Garros 1974 et celui de Wimbledon 2003 (chez les hommes) enseignent que les tableaux grands ouverts ne crachent pas leur tête couronnée par hasard. À Londres en 2003, un certain Roger Federer avait émergé d’un tableau où ses rivaux se nommaient Andy Roddick, Sjeng Schalken, Tim Henman, Sébastien Grosjean, Mark Philippoussis, Jonas Bjorkman et (mais si !) Alexander Popp. Ce serait le premier des 20 titres en Grand Chelem du Suisse, avec un record absolu qu’il serait le seul à détenir entre 2010 et 2020.

Alcaraz et Gauff, l’occasion en or

La glorieuse incertitude du sport va faire son œuvre dans les jours à venir. Mais si l’on s’arrogeait le droit de suivre notre instinct de chroniqueur passionné par l’histoire de ce jeu, nous dirions que ce plateau a une tête de scénario historique.

Comme à Wimbledon 2003 donc. Ou comme en 1990, quand Pete Sampras avait écarté tour à tour les deux grands champions des années 1980, Ivan Lendl et John McEnroe, puis celui qui serait son rival des années 1990, Andre Agassi, pour remporter le premier de ses majeurs à 19 ans avant d’ouvrir un règne alors sans précédent à la tête du tennis masculin.

Si l’histoire du tennis veut nous montrer qu’elle est en pleine forme, elle sacrera Carlos Alcaraz dimanche chez les hommes et Coco Gauff samedi chez les femmes. Avec cette circonstance « aggravante », ou plutôt sublimante, dans le tableau féminin : si Gauff, 18 ans, gagne son premier majeur dans le tableau où sa grande inspiratrice, Serena Williams, aura fait ses adieux, l’US Open 2022 sera aura gagné de façon instantanée et incontestable ses galons d’édition légendaire.

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