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Leylah Fernandez en 2021 : l’année de l’explosion

Un premier titre sur le circuit WTA, et surtout une finale à l’US Open à 19 ans, Leylah Fernandez a explosé au plus haut niveau cette année. Sûre de ses forces, la pépite québecoise est désormais installée dans le top 30.

Leylah Fernandez, Tennis Majors, 2021 © AI / Reuters / Panoramic

Leylah Fernandez grandit vite. La Québecoise aux origines équatoriennes et philippines est passée de la première place mondiale chez les juniors en 2019 à une finale en Grand Chelem deux ans plus tard. On connaissait son talent, notamment depuis son sacre à Roland-Garros juniors en 2019, mais Fernandez a surpris tout le monde en réalisant un parcours étourdissant jusqu’en finale de l’US Open à seulement 19 ans.

En 2020, elle avait disputé sa première finale sur le circuit à Acapulco après être sortie des qualifications (défaite en trois sets face à Heather Watson). Cette année, elle a passé la vitesse supérieure, en soulevant le premier trophée de sa carrière à Monterrey, puis en déboulonnant les têtes de série les unes après les autres à New York. Elle termine l’année à la 24e place mondiale et vise le top 10 l’an prochain.

  • Le classement de Fernandez fin 2020 : 88
  • le classement de Fernandez fin 2021 : 24
  • Le bilan de l’année de Fernandez : 25 victoires – 17 défaites
  • Titre : 1
Leylah Fernandez, US Open 2021
Leylah Fernandez, US Open 2021, © AI / Reuters / Panoramic

LA MEILLEURE PERFORMANCE de FERNANDEZ : UN PREMIER TITRE ET UNE PREMIERE FINALE DE GRAND CHELEM

Leylah Fernandez a ouvert son palmarès cette année en remportant son premier tournoi à Monterrey en dominant toutes ses adversaires en deux sets, dont Viktorija Golubic en finale (6-1, 6-4). La joueuse la mieux classée battue pointait à la 57e mondiale : Sara Sorribes Tormo.

Pour sa deuxième année chez les pros et sa sixième apparition dans un tournoi du Grand Chelem, elle a surtout traversé tout le tableau de l’US Open, échouant seulement en finale contre une autre adolescente, Emma Raducanu.

LE MEILLEUR RÉSULTAT DE FERNANDEZ EN GRAND CHELEM : UNE FINALE A L’US OPEN

Fernandez a connu des désillusions dans les trois premiers tournois du Grand Chelem de l’année. Des défaites sèches aux premiers tours de l’Open d’Australie (6-1, 6-3 face à Elise Mertens) et de Wimbledon (6-1, 6-2 contre Jelena Ostapenko).

En débarquant à New York, la pépite canadienne affichait une seule victoire en Grand Chelem cette saison, acquise à Roland-Garros face à Anastasia Potapova (6-2, 6-1). Son deuxième set contre Madison Keys, où elle a débreaké par deux fois et sauvé cinq balles de match, a été bien plus encourageant. Si elle s’est finalement inclinée (6-1, 7-5), elle a donné un aperçu de sa remarquable ténacité. C’était avant le grand récital de sa saison…

LE MEILLEUR MOMENT DE SA SAISON : Sur un nuage à New York

Le meilleur moment de la saison de Leylah Fernandez est intervenu à l’US Open. Deux semaines de rêve, pendant lesquelles la Canadienne a joué dans la fameuse « zone », tant recherchée par les joueurs. Sur son chemin vers la finale, elle a battu trois joueuses du top 5 et deux vainqueures de Grand Chelem.

Après deux tours maîtrisés en deux sets contre Ana Konjuh et Kaia Kanepi, Fernandez a enchaîné les exploits. Ses victimes dans l’ordre : la tenante du titre Naomi Osaka, la triple lauréate de Grand Chelem Angelique Kerber, la 5e joueuse mondiale Elina Svitolina, puis la numéro 2 mondiale Aryna Sabalenka en demi-finale. Quatre combats épiques remportés en trois sets, au terme de scénarios inattendus et renversants. Le public américain ne pouvait que chavirer pour la joueuse au petit gabarit (1m68), mais à la détermination hors norme.

Leylah Fernandez est pourtant passée proche du précipice à plusieurs reprises. A commencer par son premier gros choc, face à Osaka au troisième tour. La Japonaise a enchaîné des fautes invraisemblables en cours droit alors qu’elle menait 7-5, 6-5, et servait pour le match. Fernandez en a profité pour remporter le tie-break. Elle a fait jouer une Osaka perdue et s’est offert sa première victoire en carrière contre une joueuse du top 10 (5-7, 7-6[2], 6-4).

Menée à nouveau d’un set un break au tour suivant contre Kerber, elle a lâché ses coups pour revenir au score (20 coups gagnants dans le seul deuxième set), arracher le tie-break et s’envoler en quart de finale en remportant cinq jeux de suite. Face à Svitolina et Sabalenka, c’est elle qui a pris le meilleur départ et a empoché la première manche. Elle a ensuite résisté à leur retour et à la pression de deux fins de matchs à suspense, pour faire la différence en toute fin de troisième set sur sa première balle de match.

LE « PIRE » MOMENT DE SA SAISON : Sa défaite au premier tour de Montréal, devant son public

Après son premier titre décroché au mois de mars, elle n’a pas dépassé le stade du deuxième tour d’un tournoi jusqu’à l’US Open. Soit 7 victoires sur 11 tournois disputés. Elle a notamment chuté au premier tour des qualifications de Miami, Madrid et Rome. Trois semaines avant son rêve américain, elle s’inclinait devant son public au premier tour de Montréal face à la 172 joueuse mondiale Harriet Dart (7-5, 7-6).

C’est dire si son épopée était inattendue. Avant de mettre les pieds à New York, elle avait pour meilleure référence un troisième tour en Grand Chelem. Et c’était sur une autre surface, à Roland-Garros 2020.

HORS-COURT

Leylah Fernandez est entraînée par son père, Jorge, ancien joueur de football professionnel équatorien. Il avait choisi de ne pas l’accompagner à l’US Open pour favoriser son indépendance.

La québecoise qui parle couramment le français, l’anglais et l’espagnol, a fait preuve d’une très grande maturité lors de son discours à la cérémonie de remise des trophées de l’US Open. « J’espère pouvoir être aussi forte et résilience que New York ne l’a été ces vingt dernières années. »

Sa sœur cadette Bianca, âgée de 17 ans, joue également au tennis (929e mondiale). Elles se sont entraînées ensemble pour préparer la saison prochaine, comme l’a révélé Leylah sur ses comptes Instagram et Twitter.

FERNANDEZ PAR FERNANDEZ : “Je n’aurais pas pu l’imaginer”

 « Quelle année !, a-t-elle tweeté en lettres capitales dans un message publié sur Instagram. Au début de la saison, je n’aurais pas pu imaginer l’aventure que je m’apprêtais à vivre. J’ai travaillé dur et j’ai fait confiance à mon jeu. Je suis vraiment reconnaissante pour cette saison et tout ce que j’ai appris en cours de route. Hâte de reprendre le travail et de tous vous voir sur le court en Australie. »

Ses objectifs sont désormais très élevés. « Pour 2022, mon père et moi parlons d’atteindre le Top 10 », a-t-elle déclaré à la télévision équatorienne lors d’un voyage dans le pays de son père pour soutenir sa sœur lors d’un tournoi. « J’espère pouvoir atteindre plus de finales du Grand Chelem, gagner un Masters 1000 et avoir d’autres bons résultats. »

L’AVIS DE TENNIS MAJORS

Alors qu’elle poursuit sa découverte du circuit professionnel, Leylah Fernandez ne s’est pas embarrassée des étapes intermédiaires. Son premier titre en carrière était déjà un premier cap majeur. Sa finale à l’US Open est un exploit retentissant. Mais à la vue de son tableau de chasse, les mauvaises langues ne pourront pas évoquer le hasard de circonstances.

Malgré sa défaite en finale, où elle n’a pas réussi à reproduire la même efficacité, Fernandez a démontré toute sa force de caractère. Un parcours époustouflant qui peut lui servir de repère dans les moments de doute. Malgré son petit gabarit, elle a prouvé que son excellent timing, sa vitesse de déplacement, son toucher de balle et son coup droit de gauchère pouvaient faire autant de ravages chez les pros que chez les juniors.

Le plus dur reste à venir cependant. Alors qu’elle n’avait rien à perdre à New York face à des joueuses ultra favorites, elle sera désormais attendue. Avec ce changement de statut, elle n’aura peut-être plus le même relâchement et la même réussite. Un nouvel apprentissage qui ne l’effraie guère. Nous non plus. Son professionnalisme et son mental de championne forgée par son père, plaident pour elle. Vivement 2022.

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